Afrique : Vers la souveraineté monétaire : cryptoactifs et blockcha…

Afrique: Vers la souveraineté monétaire en Afrique cryptpoactifs et blockchains

AFRIQUE : VERS LA SOUVERAINETE MONETAIRE : OPTER POUR LES CRYPTOACTIFS ET LES BLOCKCHAINS DE CONSORTIUM

Nul ne peut contester à des dirigeants d’un pays africain d’opter pour des cryptomonnaies, y compris le bitcoin, qui peut faciliter leurs transactions avec le monde extérieur lorsque des pays tiers s’organisent pour créer des obstructions à ces échanges. Le quiproquo vient de la difficulté pour de nombreux Africains, à saisir la réalité d’une monnaie virtuelle, électronique ou digitale. De fait, la confusion entre le billet de banque et le bitcoin, monnaie virtuelle, comme un moyen de paiement de tous les jours, est vite fait. Il faut s’en prémunir.

La décision des autorités centrafricaines[1] de légaliser l’utilisation des cryptomonnaies et des cryptoactifs à côté du Franc CFA est la résultante d’une longue guerre d’usure du Franc CFA qui peine à prouver son efficacité, notamment pour ce qui est du financement du développement. Au contraire, c’est plutôt le maintien les pays pauvres africains dans la pauvreté qui est constaté. Aussi, toutes les alternatives crédibles doivent être analysées et testées dans des conditions où l’expertise et la compétence doivent permettre d’offrir de l’efficience aux Peuples africains. Il y va de la souveraineté des pays africains. Un enjeu de souveraineté pour la France[2] l’est aussi pour l’Afrique, la Centrafrique en particulier.

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SOMMAIRE

  1. LA CENTRAFRIQUE OPTE POUR LA CRYPTOMONNAIE, ET DE FAIT POUR LE BITCOIN
  2. LE DROIT DE VÉTO DE LA FRANCE EN ZONE FRANC, -EN CEMAC EN PARTICULIER- EXISTE ENCORE EN 2022
  3. CRYPTOACTIF OU CRYPTOMONNAIE POUR LIMITER LA SERVITUDE ECONOMIQUE DE LA FRANCE ?
  4. QUI PEUT CREER LES CRYPTO-MONNAIES OU CRYPTOACTIFS ?
  5. DÉFIER LE CONTRÔLE DES ETATS POST-COLONIALISTES SUPERVISEURS : OPTER POUR LA TECHNOLOGIE BLOCKCHAIN ET LES PLATEFORMES DE FACILITATION
  6. TRANSACTIONS ET TRANSFERTS DE CRYPTOACTIFS : UN SYSTÈME DE CONTRÔLE MUTUEL
  7. CRYPTOACTIFS OU CRYPTOMONNAIES : QUATRE AVANTAGES ET QUATRE INCONVÉNIENTS
  8. LES AUTORITES CENTRAFRICAINES : POUVOIR REALISER DES TRANSACTIONS AVEC LE MONDE SANS PASSER PAR LES FOURCHES CAUDINES DE LA FRANCE ET DE LA BEAC
  9. L’AFRIQUE : OPTER POUR DES TECHNOLOGIES DE BLOCKCHAINS PRIVATIVES DITS « BLOCKCHAINS DE CONSORTIUM »
  10. LES CRYPTOACTIFS DOIVENT POUVOIR VIVRE EN PARALLELE AU FRANC CFA
  11. OPTER POUR L’INTERDÉPENDANCE AFRICAINE : CRÉER DES BLOCKCHAINS DE CONSORTIUM BASÉE SUR LA CONFIANCE

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1. LA CENTRAFRIQUE OPTE POUR LA CRYPTOMONNAIE, ET DE FAIT POUR LE BITCOIN

En France, et selon l’article L111‑1 du Code monétaire et financier (CMF), « la monnaie de la France est l’Euro[3] ». C’est donc la seule monnaie ayant cours légal en France. Le Franc CFA, qui est adossé à l’EURO par un taux de change fixe (1 EURO = 655,947 FCFA), n’est pas concerné. Aussi, si toute personne peut accepter de se faire payer en crypto-monnaie sur le territoire français, rien ne l’empêche non plus de la refuser. Apparemment c’est ce point qui fait problème en République centrafricaine. En effet, la Centrafrique a accordé un pouvoir libératoire aux cryptomonnaies au même titre que le pouvoir donné au Franc CFA qui lui n’est pas automatiquement convertible en devise étrangère, sauf sur autorisation française.

Premier pays africain, les autorités centrafricaines ont adopté le 26 avril 2022[4] une « loi régissant la cryptomonnaie en République centrafricaine », et de fait le bitcoin comme monnaie officielle au côté du franc CFA. Rappelons qu’au 8 mai 2022, un Bitcoin vaut 21 412 195,75 Franc CFA[5] (soit 32 645,52 Euros), après avoir atteint son niveau le plus haut de 35 391 128,47 FCFA le 29 octobre 2021 (soit 53 958,12 Euros).

Selon le ministre de l’économie numérique, des Postes et Télécommunications de ce pays, Justin Gourna Zacko, « cette loi a pour objectif, au-delà de la création d’un cadre légal à la cryptomonnaie, la mise en place d’un environnement favorable du secteur financier ». Toutefois, c’est bien l’asphyxie de l’économie centrafricaine par les instances de la zone Franc et indirectement le Trésor français et la Banque centrale des Etats de l’Afrique centrale, qui ont poussé ce pays à trouver des alternatives à un système de paiement de ses échanges sous contrôle français. En effet, le droit de veto de la France sur la convertibilité ou non des avoirs de l’Etat centrafricain pose le problème de la souveraineté d’un Etat qui se trouve lié par des accords secrets monétaires et financiers avec la France, sans oublier les accords secrets de défense.

En effet, il devient quasiment impossible d’envoyer ou de réceptionner de l’argent en République centrafricaine qui subit un embargo qui ne dit pas son nom du fait des conditions draconiennes et anti-démocratiques de la BEAC, vraisemblablement sous télécommande de l’étranger. Mais d’autres institutions comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Banque africaine de développement ne peuvent plus être considérés comme des partenaires de la République centrafricaine depuis que ce pays a choisi de se distancer de la France et opter pour un retour non programmé de sa souveraineté militaire, politique, économique, financière et monétaire.

Autrement dit, il fallait trouver en urgence un mode de paiement de ses échanges avec l’extérieur sans passer par les fourches caudines de la France. Avec les cryptomonnaies légalisées, ce sont toutes les monnaies numériques qui peuvent servir de moyens de paiement dans les transactions avec des conversions en devises autres que le Franc CFA notamment l’Euro, le Dollar des Etats-Unis, le Yuan, le Rouble russe sans passer par la BEAC et le Trésor français. Le cadre contraignant et de servitude institutionnalisé dans la zone franc et mis en œuvre par la BEAC est mis en cause.

2. LE DROIT DE VETO DE LA FRANCE EN ZONE FRANC – EN CEMAC EN PARTICULIER – EXISTE ENCORE EN 2022 !

D’ailleurs, cette dernière rappelle à qui veut l’entendre que seul le Franc CFA est la monnaie de la zone CEMAC, Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Le Gouverneur de la BEAC rappelle l’article 6 de la convention régissant l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) qui dispose que « l’unité monétaire légale des Etats-membres de l’Union est le Franc CFA ». Il n’y a en l’espèce pas de remise en cause des accords de coopération monétaire en vigueur en Afrique centrale puisque rien n’interdit d’avoir une autre monnaie légale. Pourtant, sans aucun justificatif légal, le Gouverneur de la BEAC désigné par chacun des pays de l’Afrique centrale et de la France, estime que les décisions communautaires ratifiées « ont vocation à primer sur toute loi nationale ou disposition d’ordre interne contraire » …

Autrement dit, le Gouverneur de la BEAC[6] vient de confirmer que le droit de veto de la France est prépondérant dans les décisions en zone franc, soit la voix de la France est « supérieure » à celle des six autres présidents de la zone[7]. La République centrafricaine serait d’office un département d’un « pays » souverain que serait la région CEMAC, une incongruité juridique qui pose le problème de la servitude volontaire de certains dirigeants africains dans leur rôle de trahison des objectifs de construction du panafricanisme.

Mais, c’est le silence du Président en exercice de la CEMAC, Paul Biya[8], Président du Cameroun ainsi que celui du Président de la Commission de la CEMAC, le Professeur Daniel Ona Ondo du Gabon, qui ne permet pas de clarifier la situation. En effet, le positionnement de ces dirigeants pourrait se révéler problématique face à une population africaine de plus en plus consciente des enjeux d’usurpation des droits et souverainetés des Africains par des puissances étrangères.

Rappelons que la « Vision de la CEMAC » s’articule aujourd’hui autour du Programme Économique Régional (PER) qui a pour objectif de réaliser d’ici 2025 « un espace économique intégré, émergent où règnent la sécurité, la solidarité et la bonne gouvernance ». La réalité est qu’en faisant un premier bilan des objectifs poursuivis par la CEMAC, de nombreux dirigeants de la zone constatent qu’un seul parmi les 7 objectifs peut être considéré comme atteint, à savoir le fait d’assurer une gestion stable de la monnaie commune de la France qu’est le Franc CFA. Le problème est qu’avec les conséquences des crises financières, sanitaires, énergétiques et d’approvisionnement en céréales et engrais, l’inflation et la hausse généralisée des prix tendent à remettre en cause ce succès. En réalité, ce sont les six autres objectifs qui n’ont pas été atteints à savoir :

  • sécuriser l’environnement des activités économiques et des affaires en général ;
  • harmoniser les politiques sectorielles nationales pour une intégration toujours plus renforcée ;
  • établir une union de plus en plus étroite entre les peuples des états membres pour raffermir leurs solidarités géographique et humaine ;
  • promouvoir les marchés nationaux par l’élimination des entraves au commerce intra-communautaire ;
  • coordonner les programmes de développement et harmoniser les projets industriels ;
  • créer un véritable marché commun.

3. CRYPTOACTIF OU CRYPTOMONNAIE POUR LIMITER LA SERVITUDE ECONOMIQUE DE LA FRANCE ?

Il est vrai que les autorités centrafricaines n’ont pas cherché à lancer un débat public sur la question de la légalisation des cryptoactifs. C’est donc bien un choix souverain. Si la décision peut être considérée comme unilatérale, elle émane du parlement centrafricain qui représente le Peuple centrafricain. L’adoption par les parlementaires témoigne malgré tout d’une adhésion large pour cette option qui ne remet pas en cause en soi le Franc CFA, mais oblige le Franc CFA à ne plus imposer sa loi hégémonique et asphyxiante pour l’économie centrafricaine.

Les cryptoactifs ou cryptomonnaies désignent « des actifs numériques virtuels qui reposent sur la technologie de la blockchain (chaine de bloc) à travers un registre décentralisé et un protocole informatique crypté[9] ». Pour que cela fonctionne, il faut une « communauté d’utilisateurs » qui accepte de donner un « pouvoir libératoire » à des « actifs virtuels stockés sur un support électronique » pour réaliser des transactions monétaires en lieu et place de transactions physiques de biens, services et capitaux, le tout sans avoir à recourir à une monnaie légale, en l’espèce le Franc CFA.

Sur le plan juridique, une crypto-monnaie n’est pas une monnaie : elle ne dépend d’aucune institution, ne bénéficie d’aucun cours légal dans aucun pays ce qui rend l’évaluation de sa valeur difficile et ne peut être épargnée donc constituer une valeur de réserve.

Au sens économique, les cryptomonnaies/actifs peuvent servir à compter, à payer, à épargner et à investir avec le risque de volatilité. Donc, ils remplissent les fonctions principales de la monnaie sans l’intervention d’un ou de plusieurs établissements de contrôle centralisé. La Centrafrique va pouvoir acheter des biens et services, donc exporter et importer sans le contrôle ou le blocage de la convertibilité de ses avoirs en Franc CFA par la France, et plus précisément du Trésor français qui a la mainmise sur les Banques centrales de la zone franc, notamment la BEAC, la BCEAO et la Banque de Comores.

En 2022, plus de 5 023 crypto-monnaies étaient en circulation dans le monde, dont au 8 mai 2022, le Bitcoin (32 141, 98 Euro), l’Etherium (2 383,51 Euro), le Ripple (0,54 Euro) ou le Litecoin (87,17 Euro) pour ne citer que les plus connues

Si la cryptomonnaie n’est donc pas une monnaie mais une devise numérique, elle ne dépend d’aucune institution, ne bénéficie d’aucun cours légal dans aucun pays. C’est cela qui rend l’évaluation de sa valeur difficile. En fait en tant qu’instrument d’épargne, sa valeur de réserve constitue un risque du fait même de la volatilité de cette devise numérique. Mais, la cryptomonnaie selon l’environnement choisi, permet d’échapper au contrôle de certains Etats qui apparaissent de plus en plus comme agissant contre les intérêts du Peuple africain.

En même temps, cela pose le problème de la souveraineté d’un pays. En effet, une grande entreprise multinationale peut acheter une grande partie de la Centrafrique, financer tout le budget annuel de l’Etat centrafricain ou encore payer ses impôts à l’Etat centrafricain en cryptomonnaie. Par exemple, une entreprise multinationale peut opter de payer le déficit de 3,7 % du Produit intérieur brut (richesse du pays) de l’Etat centrafricain[10] pour l’aider ou alors pour le rendre dépendant en récupérant en contrepartie des accès au sous-sol ou des avantages en gestion de capacités productives du pays. Mais, si cela se fait dans le cadre d’opérations « gagnant-gagnant », cela peut constituer un avantage compétitif certain pour l’Etat centrafricain.

Il semble que ce soit ce pari qui ait été fait par les autorités centrafricaines, compte tenu des sanctions officieuses et officielles que représente l’étau français qui transite par la BEAC et les institutions courroies de transmission des institutions de Bretton-Woods.

4. QUI PEUT CREER LES CRYPTO-MONNAIES OU CRYPTOACTIFS ?

Les cryptoactifs peuvent être et sont créés par une communauté d’internautes, également appelés en anglais « miners » à partir d’un algorithme qui génère des « jetons » (ou tokens, en anglais) qui sont ensuite alloués à chaque « miner » en récompense de sa participation au fonctionnement du système.

Les monnaies virtuelles sont stockées directement dans un portefeuille virtuel et sont manipulables via des plateformes dédiées faisant office de banque numérique pour ce type de monnaie. Les deux plus grandes plateformes sécurisées pour gérer les cryptomonnaies sont en principe eToro et Coinbase.

La technologie employée est celle de la « blockchain » (chaîne de blocs ou registre de transactions, en français) qui permet de garder la trace d’un ensemble de transactions, de manière décentralisée, sécurisée et transparente.

Une fois créés, ces jetons sont stockés dans un coffre-fort électronique enregistré sur l’ordinateur, la tablette ou le portable de l’utilisateur, voire à distance (par exemple dans le cloud). Il est ensuite possible de les transférer via internet et de façon anonyme entre les membres de la communauté.

Autrement, il s’agit d’une communauté de spécialistes informatiques, ce qui signifie que la compétence et l’expertise sont des conditions sine qua non pour créer des cryptoactifs, même cette activité peut être sous-traitée avec les risques de piratage. Les applications de minage de crypto-monnaies sont des logiciels commerciaux ou gratuits (open-source) qui facilitent le minage de crypto-monnaies spécifiques, c’est-à-dire que la communauté peut être restreinte. Les applications de minage de crypto-monnaies servent de plateformes pour les pools de minage, en connectant les mineurs intéressés, avec ou sans plate-forme, pour combiner et décupler la puissance d’utilisation en temps réel des crypto-monnaies.

Il est étonnant que l’initiative de la Centrafrique ne fasse pas d’émules en inspirant d’autres pays épris d’indépendance et de souveraineté économique, financière et monétaire, à en faire autant. L’Union africaine montre en cela ses limites avec un budget opérationnel fourni par l’Union Européenne supérieur à 80 %. Autrement dit, la réussite d’une telle initiative va dépendre de pays étrangers qui sont en compétition avec la France, l’Union Européenne et plus largement tous les pays qui sont persuadés d’être les propriétaires de l’Afrique et de ses richesses.

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5. DÉFIER LE CONTRÔLE DES ETATS POST-COLONIALISTES SUPERVISEURS : OPTER POUR LA TECHNOLOGIE BLOCKCHAIN ET LES PLATEFORMES DE FACILITATION

Apparue en 2008, la technologie dite de « blockchain » est une technologie de stockage et de transmission d’informations qui offre de hauts standards de transparence et de sécurité car elle peut fonctionner sans un organe central de contrôle. Plus concrètement, la blockchain permet à ses utilisateurs – connectés en réseau – de partager des données sans intermédiaire.

Cette technologie de stockage et de transmission d’informations se présente sous la forme d’une base de données qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs et qui ne dépend d’aucun organe central avec un champ d’application qui touche l’ensemble de l’activité humaine (banque/finance, assurance, logistique, énergie, industrie, santé, etc.).

Utilisée selon les protocoles en vigueur, l’avantage principal de la technologie Blockchain est la rapidité et la sécurisation. Elle permet de garder la trace d’un ensemble de transactions, de manière décentralisée, sécurisée et transparente. En fait, il s’agit d’un registre au sens comptable ou une grande base de données qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs, tous également détenteurs de ce registre, et qui ont également tous la capacité d’y inscrire des données, selon des règles spécifiques fixées par un protocole informatique très bien sécurisé grâce à la cryptographie.

C’est un grand cahier que tout le monde peut lire et écrire librement et gratuitement, à condition de s’enregistrer de manière encryptée, en sachant que tout ce qui est inscrit est impossible à effacer et indestructible, mais attention, si vous perdez la clé d’accès à vos données ou informations, ces données et informations seront perdues définitivement car vous serez le seul à en connaître le code.

La blockchain est donc un registre sous forme d’une grande base de données. L’une des particularités de ce registre est d’enregistrer les données sur des blocs qui contiennent une quantité limitée d’informations. Un bloc validé ne peut plus être modifié, sauf par consensus des détenteurs du registre. Les transactions ou les informations échangées entre les utilisateurs du réseau sont donc regroupées par blocs horodatés et irréversiblement liés les uns aux autres, formant une chaîne : la blockchain. Avec la transparence qu’elles peuvent autoriser, les blockchains peuvent favoriser une évolution de la répartition de la valeur ajoutée en établissant l’apport de chaque acteur notamment dans les chaines de valeurs économiques africaines et les filières économiques de création de richesses partagées. Les blockchains vont conduire à repenser le rôle des institutions (l’État) et de certaines professions en charge de certification, ayant le statut de tiers de confiance, comme les notaires ou une partie de l’administration elle-même. La certification des informations ou des actes inscrits grâce à l’horodatage et l’immutabilité des blocs est possible.

6. TRANSACTIONS ET TRANSFERTS DE CRYPTOACTIFS : UN SYSTÈME DE CONTRÔLE MUTUEL

Les transactions se font par « bloc » (ou « block » en anglais) qui sont liés les uns aux autres de manière irréversible, ce qui constitue la « chaîne » dite les chaines bloquées ou « blockchain ». Les écritures enregistrées sur ce bloc et sur tous les précédents sont inaltérables et infalsifiables. Il s’agit d’un « ensemble horodaté et validé de transactions. Ces transactions sont généralement des transferts de cryptomonnaies, mais peuvent aussi constituer des interactions avec des contrats ou contenir des données arbitraires. Les blocs sont liés les uns aux autres de sorte à former une structure linéaire appelée la chaîne de blocs, ou blockchain[11] ». C’est la chaîne de « blocs » qui constitue le registre de toutes les transactions d’une crypto-monnaie et qui est partagée entre les membres d’un réseau distribué ou décentralisé d’ordinateurs. Cette chaîne est un ensemble linéaire de blocs, commençant par un premier bloc considéré comme valide par défaut, qui est appelé bloc de genèse (genesis block). Ces blocs sont construits et chaînés selon des règles précises, appelées règles de consensus, qui sont définies par le réseau. Les blocs ont généralement de taille limitée pour empêcher les attaques par déni de service (DDoS) et s’assurer que le réseau reste décentralisé et donc totalement contrôlé par les « pairs ».

Celui qui prépare son « bloc » en récupérant les nouvelles transactions doit vérifier que les règles sont respectées et sont inclues dans le bloc. C’est celui qui valide les opérations est appelé tantôt le « validateur » ou le « mineur » dans le cas du Bitcoin. Plusieurs techniques permettent de faire valider la transaction (preuve d’autorité, preuve de signature numérique et d’authentification par l’identifiant du bloc précédent, ce qui oblige à « chaîner » les blocs, etc.). Au moment de la validation, le « validateur » ajoute la date et l’heure approximatives auxquelles le bloc a été trouvé ce qui équivaut à l’horodatage particulier du bloc et oblige à ce que le temps entre chaque bloc ne soit ni trop court, ni trop long. Dans le processus du Bitcoin, ce temps doit théoriquement être de 10 minutes en moyenne.

Une transaction est considérée comme confirmée lorsqu’elle est incluse dans un bloc validé. Les données inscrites dans les blocs sont considérées comme très difficiles à changer et deviennent infalsifiables au bout d’un certain temps. Lorsqu’un bloc supplémentaire est ajouté à la suite d’un autre bloc, on parle de deux confirmations, et ainsi de suite. Plus une transaction a de confirmations, plus on peut avoir confiance dans son irréversibilité.

« Chaque bloc dispose d’un identifiant, qui est une empreinte cryptographique unique, issue du hachage des données que ce bloc contient : par exemple, 000000000000000000024bead8df69990852c202db0e0097c1a12ea637d7e96d. On peut également le retrouver grâce à sa position dans la chaîne, qu’on appelle sa hauteur : le bloc de genèse est ainsi considéré comme le bloc 0, le bloc suivant le bloc 1, etc. Le 11 mai 2020, la chaîne de Bitcoin a atteint le bloc numéro 630 000[12] ».

7. CRYPTOACTIFS OU CRYPTOMONNAIES : QUATRE AVANTAGES ET QUATRE INCONVÉNIENTS

Quatre avantages principaux ont été mis en valeur :

  • la rapidité des transactions grâce au fait que la validation d’un bloc ne prend que quelques secondes à quelques minutes ;
  • la sécurité du système, qui est assurée par le fait que la validation est effectuée par un ensemble d’utilisateurs différents, qui ne se connaissent pas. Cela permet de se prémunir du risque de malveillance ou de détournement, puisque les nœuds surveillent le système et se contrôlent mutuellement
  • les gains de productivité et d’efficacité générés grâce au fait que la blockchain confie l’organisation des échanges à un protocole informatique. Cela réduit mécaniquement les coûts de transaction ou de centralisation existant dans les systèmes traditionnels (frais financiers, frais de contrôle ou de certification, recours à des intermédiaires qui se rémunèrent pour leur service ; automatisation de certaines prestations, etc.) ;
  • l’anonymat complet si vous le souhaitez et si vous passez par des plateformes et des pays qui l’autorisent. Attention, les pays ne pourront pas empêcher les transactions entre pairs. La seule pression ne peut alors qu’être « politique » et donc l’élimination des décideurs politiques qui tiennent tête à la néocolonisation financière.

Quatre inconvénients sont à retenir :

  • il n’y a pas de statut légal explicite des crypto-monnaies ; ce qui explique que ce qui est autorisé en France mais non règlementé et n’ayant pas de cours légal officiel, ne peut être interdit en Centrafrique ;
  • l’existence réelle du risque de la volatilité et des bulles spéculatives qui exposent les acheteurs et vendeurs à des pertes financières parfois très importantes, sauf si au sein d’une plateforme, le cryptoactif est adossé à une monnaie marchandise ou une matière première qui peut faire office d’équivalent général comme l’or ou le diamant, etc.
  • les risques de piratages informatiques (hacking) lors de la conservation des cryptoactifs, ce qui suppose un coût supplémentaire pour protéger et sécuriser ses avoirs en cryptoactifs ou cryptomonnaies ; mais l’impossibilité de recouvrer ses actifs ou cryptomonnaies si l’on perd la mémoire des codes d’accès (les maladies d’Alzeimer) représente un vrai problème ;
  • les crypto-monnaies peuvent devenir de véritables vecteurs de l’évasion fiscale, du blanchiment d’argent et d’activités criminelles, risquant de faire émerger de nouveaux métiers d’escrocs et de sites d’arnaques liés aux cryptoactifs en Afrique ; en effet, le blanchiment d’argent permet de dissimuler la provenance de l’argent (sale ou pas), illégal ou pas notamment en favorisant les spéculations illégales, les activités mafieuses, les trafic de drogue, d’armes, d’extorsion, de corruption, de fraude fiscale, etc.) en permettant un réinvestissement dans des activités légales de développement, mais aussi de transactions d’investissement, d’importations et d’exportations, de construction immobilières, casinos et salles de jeux, etc.

8. LES AUTORITES CENTRAFRICAINES : POUVOIR REALISER DES TRANSACTIONS AVEC LE MONDE SANS PASSER PAR LES FOURCHES CAUDINES DE LA FRANCE ET DE LA BEAC

La BEAC peut choisir de faire une interprétation partielle et partiale des textes néocoloniaux au sein de l’espace monétaire d’Afrique centrale dominé par le veto de la France au conseil d’administration de la zone franc. Mais la réalité est que le Peuple africain, d’Afrique centrale en particulier a bien constaté que la BEAC ne finance pas le développement et s’est spécialisée dans le contrôle de l’inflation au point le plus bas dans les pays membres.

Avec les crises successives et surtout la crise actuelle liée à la guerre entre l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) et la Russie sur le sol ukrainien, la hausse généralisée des prix en Afrique sans contrepartie pour le pouvoir d’achat des Africains met à mal le rôle des banques centrales de la zone franc… Alors pour de nombreux Africains et plus particulièrement pour le Gouvernement centrafricain, la BEAC est un agent qui ne soutient pas le financement du développement… De ce fait, les Etats africains innovateurs n’ont pas d’autre choix que de trouver une voie parallèle pour avancer… Le choix des cryptoactifs est un choix parmi tant d’autres qui reste pertinent, si les conditions de mise en œuvre sont éthiques et fondées sur le professionnalisme et la compétence.

Mais, il faut revenir à la question fondamentale à savoir : qu’est-ce qui pousse un pays pauvre comme la République centrafricaine à s’intéresser à la légalisation de cryptoactifs et cryptomonnaies au point de pouvoir faire que le Bitcoin devienne une monnaie légale et dispose d’un pouvoir libératoire en économie ?

La réponse du point des Africains, et plus particulièrement des populations centrafricaines y compris celles de la Diaspora, se résume en un point : retrouver la souveraineté économique, financière et monétaire après avoir pu amorcer la souveraineté militaire et territoriale.

Il est donc bien question déroger partiellement au contrôle de la France, notamment du Trésor français qui passe par la Banque centrale régionale africaine en zone franc (BEAC) afin de retrouver une forme de souveraineté monétaire. En effet, il n’est pas interdit de continuer de faire des opérations et réaliser des transactions en Franc CFA. Le fait d’accorder un cours légal et un pouvoir libératoire aux cryptoactifs et aux cryptomonnaies en République centrafricaine ne remet pas en cause :

  • Les accords de coopération monétaire entre la RCA et la France, ni entre la RCA et les institutions monétaires et économiques sous-régionales (UMAC, BEAC, CEMAC) car les opérations autorisées par le Franc CFA demeurent possibles mais doivent accepter une concurrence avec les cryptoactifs ;
  • La convertibilité non automatique du Franc CFA en Euro par la France puisque cette opération demeure avec le Franc CFA mais avec les cryptoactifs et cryptomonnaies, la convertibilité est automatique et instantanée, ce en toutes devises et sans l’autorisation ou le veto de la France.

Les autorités centrafricaines se sont donc offert une option nouvelle pour réaliser des échanges et honorer financièrement leurs transactions avec le monde extérieur sans passer par les fourches caudines de la France et des institutions internationales ou régionales servant de courroies de transmission.

Il faudra rappeler à certains dirigeants africains qui invoquent la prééminence des accords secrets signés entre la France et la RCA ou les conventions signées au niveau régional, communautaire ou au niveau international et régulièrement ratifiées ne peuvent primer sur la défense des intérêts des Peuples africains, ceux de Centrafrique en particulier. En effet, faut-il rappeler à ceux qui font preuve d’amnésie par intermittence en Afrique que le Traité créant l’Union africaine, appelé Acte constitutif de l’Union africaine, signé le 11 juillet 2000 à Lomé, au Togo, rappelle dans son article 4 alinéas a, c et g, que l’Union africaine fonctionne conformément aux principes suivants :

  • article 4a : «  l’Egalité souveraine et interdépendance de tous les Etats membres de l’Union » ;
  • article 4c : « la participation des Peuples africains aux activités de l’Union » ;
  • article 4 g : « La « non-ingérence d’un Etat membre dans les affaires intérieures d’un autre Etat membre ».

Aussi, aucune institution africaine, sous influence française de surcroît, ne peut décider, de sa propre initiative et sans une décision prise par consensus des six chefs d’Etat de la CEMAC de « décider » du « rétablissement du respect strict des règles de l’Union monétaire en vigueur[13] » conformément aux interprétations téléguidées de l’extérieur.

Si l’envie leur prenait – les chefs d’Etat africains agents de la Françafrique et de la France en Afrique – d’utiliser la force et la violence pour imposer des règles néocoloniales au cours de la période postcoloniale, lorsque des dirigeants africains s’arrogent le droit de défendre les intérêts étrangers au détriment des intérêts des peuples africains, centrafricains en l’espèce, alors il faudra encore rappeler l’article 4f de l’Acte constitutif de l’Union africaine, qui stipule qu’il y a une « interdiction de recourir ou de menacer de recourir à l’usage de la force entre les Etats membres de l’Union », à défaut, la Centrafrique pourra choisir les partenaires militaires qui l’ont aidé à restaurer la stabilité militaire et territoriale pour la soutenir dans l’organisation de sa stabilité économique, financière et monétaire.

9. L’AFRIQUE : OPTER POUR DES TECHNOLOGIES DE BLOCKCHAINS PRIVATIVES DITES « BLOCKCHAINS DE CONSORTIUM »

Afrocentricity Think Tank recommande aux autorités africaines de se donner les moyens d’améliorer la gouvernance et la performance macroéconomique de leur Etat en réduisant les coûts de transaction, de bureaucratie et de servitude proposés par la France via les banques centrales de la zone franc et en vigueur depuis les années 1960. Pour ce faire, il faut ouvrir des espaces de coopération monétaire, financière, bancaire et économique en parallèle à celui offert par le Franc CFA. Autrement dit, il faut que les dirigeants africains n’attendent pas d’être dans des situations d’embargo financier, économique et monétaire de fait, pour agir.

Afrocentricity Think Tank propose à chaque Etat africain de choisir un partenaire stratégique en choisissant non plus les liens historiques basées sur la colonisation, le néocolonialisme monétaire, la françafrique et la postcolonie via des dirigeants africains alimentaires, et de ne plus perdre du temps à tenter de modifier un système du Franc CFA sclérosé et augmentant la dépendance de l’Afrique et la soumission des Africains au paiement de la mauvaise gouvernance macroéconomique de la France et de l’Union européenne.

Aussi, il est proposé aux dirigeants africains conscients des enjeux mondiaux de souveraineté, militaire, économique, monétaire, financière et environnementale :

  1. de s’organiser au sein d’un consortium de pays africains ayant les mêmes partenaires stratégiques militaires, économiques, commerciaux pour se mettre d’accord sur des instruments de garantie des opérations financières fondées sur un système de blockchain et de cryptoactifs où les matières premières africaines serviront de garantie ;
  2. de ne pas opter pour des blockchains hétérogènes ou des blockchains ouvertes (comme le Bitcoin ou l’Ethereum) qui s’adressent à tous mais manquent de maturité technologique et sont facilement l’objet d’attaques des hackers informatiques ; mais
  3. d’opter pour des blockchains privatives qui sont moins décentralisées mais plus rapidement opérationnelles. En effet, les blockchains ouvertes permettent en fait à tout avenant d’être à la fois à l’origine de transactions, d’échanges et être un nœud du réseau. La décentralisation est complète et devient un risque de voir s’introduire des agents ennemis des intérêts du Peuple africain ; et
  4. d’organiser des « blockchains privatives » qui peuvent être développée et maintenue par une organisation privée, publique-privée ou entièrement publique, mais qui aura l’avantage d’avoir l’autorité sur le processus d’extraction et l’algorithme de consensus. L’organisation privative décide qui peut rejoindre le réseau et avoir accès au téléchargement des nœuds. C’est la seule condition pour éviter de fonctionner avec les traitres africains ou internationaux qui n’ont jamais défendu que les intérêts étrangers aux dépens des intérêts du Peuple africain.

10. LES CRYPTOACTIFS DOIVENT POUVOIR VIVRE EN PARALLELE AU FRANC CFA

Les cryptomonnaies[14] ou cryptoactifs comme le Bitcoin ne vont pas se substituer au Franc CFA car il s’agit de monnaie virtuelle. Ils seront complémentaires et vont favoriser des marchés dont l’accès était bloqué par la non-convertibilité automatique du Franc CFA par la France et ses relais, Banques centrales en zone franc en Afrique. Les fonctionnements complexes ne seront pas immédiatement à la portée de l’Africain moyen.

En perspective, la blockchain va accélérer la modernisation de l’administration africaine et réduire la bureaucratie, espace de pouvoir arbitraire des « micro-roitelets africains », fiers et inconscients de l’être. En effet, cette technologie a permis de :

  • tenir un cadastre notamment pour le foncier comme au Honduras, au Ghana ou en Géorgie) ;
  • d’avancer vers la certification et la dématérialisation des diplômes et des actes administratifs (canton de Genève) ;
  • de permettre des services en ligne grâce à l’usage d’une identité numérique en Estonie.

Tout ceci est à portée des dirigeants africains éclairés.

Il reste à créer des incitations financières suffisantes pour organiser de façon vertueuse les relations entre les utilisateurs des cryptomonnaies et cryptoactifs avec des plateformes d’accès simplifiées pour les populations africaines, notamment en zone rurale. Les plateformes d’échanges adaptées pour réaliser des échanges et achat/ventes de cryptomonnaies/cryptoactifs doivent rapidement émerger avec des procédures simples et rapides, efficaces[15].

11. OPTER POUR L’INTERDÉPENDANCE AFRICAINE : CRÉER DES BLOCKCHAINS DE CONSORTIUM BASÉES SUR LA CONFIANCE

L’option de quitter la Franc CFA ne doit pas être perdue de vue[16]. En effet, la Mauritanie a quitté le FCFA et la CEDEAO pour avoir sa monnaie « l’Ouguiya[17] » et demeure indépendante et s’en porte très bien (1 Euro = 398 Ouguiyas mauritaniens (MRO)). Une visite officielle des pays africains et leurs partenaires et experts-consultants pour s’enquérir des modalités pratiques de mise en œuvre, sans tomber dans le travers de s’adosser à l’Euro mais à un panier de monnaies ou à une monnaie marchandise, pourrait aider à faciliter la décision de certains pays comme la Centrafrique, le Mali, le Burkina-Faso, la Guinée et à terme le Tchad, sans oublier la Guinée Equatoriale encore hésitante.

Rappelons que tout ceci s’inscrit dans un contexte où la Russie, face aux sanctions occidentales, a choisi de ne donner qu’un pouvoir libératoire partiel à l’Euro et au Dollar américain, en choisissant de se faire payer en Roubles par les ennemis du Peuple russe. Sauf que le Rouble est adossé à l’or et peut accepter certaines matières premières comme l’or ou le diamant. Il suffit d’être innovant dans le montage des garanties pour la création d’un « Blockchain de la Confiance » au sein de Blockchain privative, au sein d’un consortium fondé sur la cooptation, au moins au départ pour éviter les sabotages.

L’Afrique doit opter pour l’interdépendance africaine et avancer vers le panafricanisme en incluant la Diaspora et l’ensemble des « afrodescendants » qui forment la 6e région de l’Afrique. L’opportunité est grande à ce moment précis de l’histoire où les Occidentaux préparent leur troisième guerre mondiale entre eux.

Aussi, les blockchains privatives, dites aussi « blockchains de consortium », permettent de réunir plusieurs acteurs en nombre limité et en confiance afin de faciliter la gouvernance de leurs intérêts mutuels. Il s’agit d’abord d’instaurer la confiance entre plusieurs Etats ou groupes de personnes – physiques ou morales – notamment des entreprises multinationales défendant réellement les intérêts des Peuples africains. Les transactions africaines dans les échanges mondiaux seront peu coûteuses, plus fluides et plus sécurisées. Les blockchains privatives tendent à renouveler les conditions de financement de l’économie africaine aux conditions africaines, en privilégiant le financement des innovations et des inventions au service du Peuple africain.

La décolonisation monétaire, financière et économique sera alors en voie de renaissance avancée. La République de Centrafrique a pris de l’avance en optant pour l’utilisation officielle des monnaies virtuelles et de la technologie « blockchain ». Elle ne doit pas revenir en arrière. Mais où sont les autres pays africains ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO

Directeur Afrocentricity Think Tank

9 mai 2022

© Afrocentricity Think Tank

NOTES 

[1] AFRICA RADIO : Emission : Le GRAND RENDEZ-VOUS : Centrafrique : le bitcoin devient monnaie officielle au côté du franc CFA … Quels avantages pour les Centrafricains ? Invités : Dr. Jean François AKANDJI KOMBE, Professeur, et Président du mouvement Citoyens Debout et Solidaires Centrafrique (CDS-CA) et Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, économiste spécialisé en stratégie et mutation et Directeur de Afrocentricity Think Tank, un groupe de réflexion et d’influence. www.africaradio.com Lundi 2 mai 2022 –Lien podcast : https://podcast.ausha.co/le-grand-rdv/centrafrique-le-bitcoin-devient-monnaie-officielle-au-cote-du-franc-cfa-quels-avantages-pour-les-centrafricains

[2] Aubert, J., De la Raudière, L. et Mis, J.-M. (2018). Rapport de la mission d’information commune sur la blockchain (chaîne de blocs) et ses usages : un enjeu de souveraineté. Assemblée nationale – France. Accédé le 2 mai 2022. Voir https://www2.assemblee-nationale.fr/static/15/commissions/CFinances/blockchain-synthese.pdf?v=1649770476 

[3] Bercy Infos (2022). Portail du Gouvernement français, Ministère de l’Economie. « Crypto-monnaies, cryptoactifs… Comment s’y retrouver ? ». Bercy Infos. 20 avril 2022 – Epargne et investissements mobiliers. Accédé le 2 mai 2022. Voir https://www.economie.gouv.fr/particuliers/cryptomonnaies-cryptoactifs 

[4] AFP (2022). « La Centrafrique adopte le bitcoin comme monnaie légale ». In www.lematin.ch. 27 avril 2022. Accédé le 2 mai 2022. Voir https://www.lematin.ch/story/la-centrafrique-adopte-le-bitcoin-comme-monnaie-legale-354812588676 

[5] EXCHNGERATE (2022). Voir https://fr.exchangerate.guru/btc/xaf/1 

[6] Charfadine, A-M. (2022). « Bitcoin/RCA : La BEAC insiste sur le Franc CFA comme seule monnaie de la zone CEMAC ». In www.tchadinfos.com. 7 mai 2022. Accédé le 7 mai 2022. Voir https://www.tchad24.com/2022/05/bitcoin-rca-la-beac-insiste-sur-le-franc-cfa-comme-seule-monnaie-de-la-zone-cemac/?msclkid=ef3fa9d0ceef11eca49268365beb04a5

[7] La CEMAC (Communauté Économique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale) regroupe six (6) pays, à savoir le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, la République de Centrafrique et le Tchad.

[8] Depuis le 24 mars 2019, son Excellence Paul BIYA, le Président de la république du Cameroun, est le Président en exercice de la CEMAC. Cela fait donc trois ans…

[9] Bercy Infos (2022). « Crypto-monnaies, cryptoactifs… Comment s’y retrouver ? ». In www.economie.gouv.fr. 20 avril 2022. Accédé le 4 mai 2022. Voir https://www.economie.gouv.fr/particuliers/cryptomonnaies-cryptoactifs?msclkid=47a5a14dceed11ecabe5b23fc287df72

[10] Tradingeconomics (2022). « Central African Republic Government Budget ». in www.tradingeconomics.com. Accédé le 7 mai 2022. Voir https://tradingeconomics.com/central-african-republic/government-budget

[11] Lars, L. (2019). « Qu’est-ce qu’un bloc dans la technologie blockchain ? ». In https://cruyuptoast.fr. 27 janvier 2019. Accédé le 7 mai 2022. Voir https://cryptoast.fr/bloc-blockchain-crypto-explication/?msclkid=80728e06cef811ec87cbce77893ae2ae

[12] Lars, L. (2019). Op. Cit.

[13] Contenue de la Lettre du 29 avril 2022 du Gouverneur de la BEAC diffusée dans la presse et adressée au Gouvernement centrafricain, à l’attention du Ministre des Finances et du Budget qui se trouve être aussi le Président en exercice du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC).

[14] Voici une liste de cryptomonnaies qui devraient connaître une croissance importante en 2022 : Zilliqa, Enjin Coin, Synthetix, Stellar, Decentraland, Cardano, Polygon, EOS, Uniswap, Ren, Cardano, Polygon, Bitcoin, The Sandbox, LuckyBlock, Link, Solana (nouvelle), Dogecoin, Yearn, Fantom, USD Coin, Ripple, Fetch.ai, Celo, Quant (nouvelle), Ethereum, Polkadot

[15] Il est possible de donner l’exemple de « Binance » est une plateforme d’échange de cryptomonnaies mondiale, créé en 2017, qui permet d’échanger plus de 100 cryptomonnaies. Mais certaines autorités de régulation des marchés financiers ont demandé à cette plateforme « Binance » de cesser ses activités. Mais la plateforme ne peut qu’aller vers des pays qui sont demandeurs.

[16] Masson, E. (2022). « La Centrafrique poussée vers la sortie de la zone CFA à cause de Bitcoin ». In https://francecrypto.fr. Accédé le 7 mai 2022. Voir https://francecrypto.fr/france-crypto-actualites/la-centrafrique-poussee-vers-la-sortie-de-la-zone-cfa-a-cause-de-bitcoin/

[17] L’Ouguiya fut la première devise officielle de la Mauritanie remplaçant le franc CFA. Cette monnaie a été mise en circulation à partir du 28 juin 1973. L’ouguiya est une monnaie non convertible, autrement dit, vous ne pouvez la changer qu’en Mauritanie. 1 euro = 398 Ouguiya mauritanienne (MRO)

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Afrique : Vers la souveraineté monétaire : cryptoactifs et blockcha…

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