Parlez-vous métavers ? On vous explique les mots-clés de ce secteur

Publié le 14 juin 2022 à 12:15Mis à jour le 13 sept. 2022 à 12:17

Ils font le tour de l’actualité mais se heurtent encore à l’incompréhension du grand public. Wallet, play-to-earn, mint ou DeFi appartiennent peut-être au jargon du secteur du Web3 mais ils n’en demeurent pas moins fréquents et irremplaçables. Si certains passeront peut-être à l’as, d’autres perdureront sans doute. Alors mieux vaut les maîtriser pour savoir de quoi on parle. Retrouvez ci-dessous un lexique qui sera mis à jour chaque semaine.

Bridge entre blockchains

Un « bridge » (« pont » en français) est un protocole informatique qui permet à deux blockchains d’interagir entre elles. La grande majorité des blockchains fonctionnent en silo dans des environnements isolés : chacune dispose de ses propres règles, mécanismes et actifs, qui sont bien souvent incompatibles avec les autres blockchains. La multiplication des blockchains (Bitcoin, Ethereum, Solana, Polygon…) et le manque d’interopérabilité entre elles rendent nécessaire l’existence de ces bridges, qui permettent un « dialogue » entre les chaînes de blocs.

Concrètement, les bridges établissent des passerelles entre les réseaux et permettent aux « smart contracts », aux données et aux tokens d’être « transférés » d’une chaîne à l’autre. Pour les développeurs d’applications décentralisées (dApps), le bridge permet également de profiter des points forts de chaque blockchain. Les investisseurs en cryptomonnaies peuvent également utiliser les bridges pour essayer différents réseaux et choisir celui qui leur offre le plus d’avantages. Les frais de transaction peuvent varier d’une blockchain à l’autre. Tout comme les taux d’intérêt. Il est donc tentant de transférer ses actifs sur une autre blockchain, sans avoir à vendre ou acheter une autre cryptomonnaie.

Burn

Le « burn », littéralement le « brûlage », consiste à éliminer des cryptomonnaies en circulation. Une telle pratique envoie les cryptos concernées sur un « dead wallet » dans le jargon, soit un portefeuille qui restera inaccessible, un cimetière des éléphants 3.0. Le principe du burn est de contrebalancer la création monétaire (le « mint ») afin d’influer sur le prix. En raréfiant l’offre, on augmente artificiellement le prix – à condition que la demande soit constante.

Par exemple, la plateforme Binance a alloué 20% de ses bénéfices de 2017 à 2021 pour racheter 20% de ses jetons BNB au prix du marché, afin de les brûler et de soutenir le cours de sa crypto. A certains égards, c’est comme une entreprise qui procède à un rachat d’actions pour soutenir son cours de Bourse et fidéliser ses actionnaires.

Dans le cas de plus petits projets de cryptos, cette pratique peut donner lieu à des manipulations, comme l’envoi de cryptos vers un faux « dead wallet » (qui ira vérifier ?), afin d’augmenter le cours puis de récupérer les jetons mis de côté. Il est aussi possible de brûler des NFT qui ne servent à rien et qui encombrent son portefeuille.

Le street artiste Banksy a eu l’idée, lui, de vendre des NFT et de laisser le choix à ses propriétaire de les garder (en espérant qu’ils s’apprécient), ou bien de les brûler afin de recevoir une oeuvre physique chez soi. Pour l’anecdote, des traders étaient allés plus loin en mars 2021. Ils avaient brûlé, au sens propre cette fois, une véritable oeuvre de Banksy (« Morons »), alors valorisée 100.000 dollars, puis l’avaient transformée en NFT. Résultat, l’oeuvre dans sa version numérique était partie pour 228 ethers, soit 380.000 dollars. Une autre idée de la destruction créatrice.

DeFi

Et s’il suffisait d’une connexion internet et d’un portefeuille numérique (wallet, dans le jargon) pour accéder à des services financiers ? Exit les banques et avec elles, leurs frais de gestion. C’est la promesse de la finance décentralisée, abrégée en DeFi (decentralized finance). Ce système alternatif de services financiers s’est développé dans le sillage du marché des cryptoactifs grâce aux fonctionnalités de la blockchain.

La DeFi, (prononcé « di-faille », de l’anglais decentralized finance), désigne de manière générique, l’ensemble des services financiers accessibles à partir de la blockchain.Elle se présente comme un système financier alternatif et décentralisé car, contrairement au système financier traditionnel, elle ne repose pas sur un tiers de confiance – comme une banque ou une autorité centrale – pour réaliser une opération financière. La décentralisation des services financiers permet ainsi d’éliminer les intermédiaires entre un investisseur (particulier, entreprise…) et un service financier (prêt, assurance, trading…). Se passer d’intermédiaire permet en théorie de rendre ces opérations financières plus rapides et moins coûteuses. Les utilisateurs relient leurs portefeuilles à la plateforme et sélectionnent une opération financière qui va s’exécuter grâce à la blockchain et conserve un contrôle sur leurs fonds.

A ce stade, une précision : qui dit cryptomonnaies ne dit pas forcément décentralisé. Les plus grandes plateformes, comme Binance , Coinbase ou FTX, ont d’ailleurs un fonctionnement tout à fait centralisé ; elles prélèvent des frais, ont un PDG… Bref, elles ressemblent à bien des égards à une banque classique. Ce sont elles qui stockent les actifs et les clés d’accès aux portefeuilles des clients. Rien à voir avec les plateformes de DeFi.

Dans la finance décentralisée, pas de banquier : tout est automatisé. Des « smart contracts » remplacent les intermédiaires dans le processus de validation et d’exécution des opérations financières. Ces contrats sont dits « intelligents » car ce sont des programmes qui s’exécutent automatiquement lorsqu’une série de conditions, fixées au préalable ont été remplies. La technologie de la blockchain permet d’automatiser la transmission des informations nécessaires à la validation du contrat et de garantir sa réalisation.

Gas fees

Les « frais de gas » correspondent à une commission prélevée pour chaque transaction sur la blockchain. Si on en parle autant dans le milieu, c’est parce qu’ils sont devenus prohibitifs sur la blockchain ethereum – la principale, celle sur laquelle sont bâtis le plus de projets et de NFT. Ces commissions sont facturées en Gwei, une petite fraction de l’ether. Au-delà de sa justification algorithmique, ce « gas » présente deux intérêts : limiter les attaques par déni de service (cela coûterait trop cher à l’assaillant qui voudrait inonder le réseau de requêtes), et décorréler les coûts de fonctionnement du réseau ethereum du prix de l’ether.

Malgré tout, ce système présente des limites liées notamment au nombre de transactions : plus leur nombre augmente et plus les frais de gas connaissent une inflation. En mai 2021, ils ont atteint un pic de 61 dollar par opération, de quoi gommer la rentabilité de nombre de deals. Lorsque le métavers Otherside (adossé aux NFT « Bored Ape Yacht Club ») a vendu ses parcelles sur ethereum, l’engouement a été tel que ces fameuses commissions ont bondi à 200 dollars, bloquant tout le système.

Depuis cet été, ethereum affiche des frais bien plus raisonnables, de l’ordre de 1,5 à 2 dollars. Parmi les raisons : la décrue des volumes dans le sillage du « crypto krach » de juin et le déport de projets vers des blockchains dites de seconde couche. Alors que tous les regards du secteur se tournent vers « The Merge », la grande évolution d’ethereum prévue pour la mi-septembre (devant adopter une méthode de minage moins énergivore), le marché est tombé des nues en apprenant que les frais de gas, eux, ne baisseront pas comme espéré, car

HODL

Depuis que les cryptos ont viré au rouge , le hashtag « HODL » a fleuri sur Twitter. Dérivé du verbe anglais « hold » (tenir), il appelle à conserver ses bitcoins et autres devises et à ne pas céder à la panique vendeuse. Parmi eux, Michael Saylor, le patron de l’entreprise la plus exposée au bitcoin. Dans la liturgie des cryptodevises, la faute de frappe originelle remonte à 2013 sur le forum Bitcoin quand un membre s’est exclamé « I AM HODLING » (« je tiens »).

Quatre ans plus tard, après le pic historique de décembre 2017, le média Quartz en fait une expression consacrée de ce milieu. Plus tard, certains se réfèrent à cette expression par rétroacronymie pour appeler à « Hold On for Dear Life », soit « ne pas vendre, comme si sa vie en dépendait ». Message reçu ?

Mint

Avec l’effervescence autour du marché des NFT, l’étape du « mint » dans le lancement d’un projet s’est popularisée. Ce terme anglophone signifie au sens littéral le fait de « frapper », qu’il faut transcrire comme le processus de création sur la blockchain d’un NFT. Il devient ainsi inaltérable et disponible pour être échangé sur la blockchain. On peut ainsi y voir l’analogie avec le marché monétaire traditionnel lorsqu’un qu’un morceau de métal est frappé avant de devenir une pièce de monnaie authentique.

Dans le lancement d’une collection de NFT, le « mint » est aussi la période qui précède le lancement officiel de la vente et durant laquelle il est possible d’acquérir un des NFT à un prix plus abordable, en étant par exemple inscrit sur une liste blanche (white list). C’est une sélection d’acheteurs potentiels qui ont notamment accès à cette prévente. Le mint est une étape décisive puisqu’elle va impulser une tendance sur la suite de la vente de la collection en fonction de ses résultats.

Mixeur de cryptomonnaies

Une blockchain est souvent présentée comme un grand livre de comptes ou un registre distribué, dans lequel des écritures sont rassemblées et inscrites sous forme de blocs. D’où l’idée d’une « chaîne de blocs », liés entre eux par la technologie cryptographique. Chaque transaction est vérifiée puis inscrite sur la blockchain, ce qui la rend infalsifiable et traçable par les autres utilisateurs. Une des écritures sur la chaîne de blocs peut alors être une transaction, comme un échange de crypto-monnaie ou de jeton. Une traçabilité qui peut alors porter atteinte à la vie privée, car il est possible de retracer d’où proviennent les fonds présents sur un portefeuille.

Un mixeur de cryptomonnaies est un protocole conçu pour préserver cette confidentialité sur une blockchain. Généralement, le mixeur va unifier plusieurs transactions provenant de différents portefeuilles avant de les redistribuer vers d’autres adresses pour réduire leur traçabilité. Un mixeur peut être décentralisé comme Tornado cash sur Ethereum ou centralisé comme Blender sur la blockchain bitcoin. Pointés du doigt pour leur rôle potentiel dans le blanchiment d’argent, ces deux mixeurs de cryptos ont été dernièrement sanctionnés par les autorités américaines.

Merge d’Ethereum

La mi-septembre 2022 marquera un tournant pour la blockchain Ethereum. La plus importante plateforme permettant de créer des smarts contracts et des applications décentralisées va changer sa manière de valider les transactions. Cet événement, baptisé « The Merge », consiste à passer d’une « preuve de travail » à une « preuve d’enjeu ». Concrètement, Ethereum ne mettra plus en compétition des dizaines de milliers d’ordinateurs en même temps pour faire fonctionner le réseau, mais va en tirer certains au sort. Résultat : Ethereum devrait consommer plus de 99 % d’énergie en moins. Un changement de paradigme qui représente un défi technique colossal pour Ethereum et qui sera suivi de près par l’ensemble de l’écosystème.

Neal Stephenson

Il est britannique, auteur de science-fiction et a, le premier, parlé du concept de métavers. C’était dans « Snow Crash » en 1991 ; « Le Samouraï virtuel » en France. Des avatars à la réalité virtuelle, il est saisissant de voir à quel point toutes les briques essentielles de ces univers sont déjà posées, à l’exception, c’est vrai, des NFT. En 2014, il est recruté comme « futuriste en chef » de la start-up Magic Leap ; elle fabrique des lunettes de réalité augmentée. Finalement en juin 2022, l’auteur joint l’acte à la parole et lance Lamina1, son propre projet de métavers.

Play-to-earn

Jouer pour gagner de l’argent, en bon français. L’expression désigne les jeux vidéo reposant sur des cryptomonnaies. Le plus connu est sans doute Axie Infinity , mais il s’en développe de plus en plus. Ce modèle économique est central dans le paradigme du Web3.

A l’ère du mobile, les jeux pour smartphone étaient souvent gratuits mais leur mécanique addictive vous incitait, in fine, à réaliser des transactions dans le jeu. A l’ère de la blockchain, la promesse est de vous faire gagner des cryptos à mesure que vous jouez. Une forme de récompense qui cherche, plus que jamais, à vous rendre fidèle.

Preuve d’enjeu

Le 15 septembre 2022, Ethereum va basculer vers la preuve d’enjeu (« proof of stake »). La méthode de la preuve par le travail consiste à mettre en compétition des milliers de valideurs, appelés « mineurs », qui doivent résoudre des équations cryptographiques avant tous les autres. Lorsqu’ils y parviennent, ils contribuent au bon fonctionnement de la blockchain en validant les transactions, et sont rémunérés pour cela en cryptomonnaies. Réputée très efficace, cette méthode de consensus est cependant régulièrement critiquée en raison de la quantité astronomique d’énergie nécessaire à son fonctionnement. Car les mineurs mettent en place de gigantesques infrastructures et font tourner de jour comme de nuit des ordinateurs très puissants pour effectuer les calculs.

La méthode de la preuve d’enjeu, elle, est beaucoup moins gourmande en énergie. Elle consiste à tirer au sort des valideurs volontaires disposant d’ethers, la monnaie native d’Ethereum, et de leur confier le travail de validation. Ce protocole évite ainsi que plusieurs valideurs travaillent sur la même transaction. Pour participer au processus de validation, les valideurs devront déposer sous séquestre 32 ethers (un ether vaut actuellement environ 1.700 dollars). « Les valideurs bloquent de la valeur afin d’être tirés au sort pour participer à la sécurisation du réseau », résume Stanislas Barthélémi. Une partie de ce dépôt pourra être saisie par Ethereum si le valideur tente de corrompre la blockchain. Un système punitif appelé « slashing ». Selon une estimation de la fondation Ethereum, le passage à la preuve d’enjeu pourrait réduire la consommation énergétique de la blockchain de 99,95 %.

Stablecoin

Les stablecoins sont un élément essentiel, voire indispensable de l’écosystème crypto. Un stablecoin permet de contrer la volatilité des cryptomonnaies, car sa valeur est liée à une devise, le plus souvent le dollar américain. Les stablecoin sont donc censés échapper aux fluctuations soudaines et parfois violentes du marché des cryptoactifs. Les stablecoins sont ainsi utilisés pour faire des paiements sur certaines plateformes, des arbitrages entre différents ordres, des transferts entre plateformes ou pour sécuriser des gains en dollars pour les investisseurs. Au total, les stablecoins représentent actuellement près de 153 milliards de dollars en circulation, selon Coingecko.

Voxel

Il est à la 3D ce que le pixel est à la 2D. Mot-valise comprenant « volume » et « pixel », le voxel est prisé des jeux vidéo de « bac à sable » comme Minecraft et, désormais, le métavers The Sandbox. C’est le voxel qui donne ce rendu cubique à ces univers. Mais pourquoi utiliser cette technologie au rendu digne des jeux vidéo des années 90 ? En fait, il n’y a pas vraiment le choix car ces plateformes reposent sur leurs utilisateurs, petites mains bâtisseuses du métavers ; comme sur les réseaux sociaux, où les créateurs font le contenu. Or, tout le monde n’a pas des compétences d’un infographiste 3D, ni d’ordinateur assez puissant. Pour assurer la croissance de ces jeux, il fallait donc abaisser la marche à l’entrée pour inclure le plus grand nombre Le voxel, ou brique Lego numérique, est un bon outil.

Wallet

Pour naviguer et exploiter les possibilités de la blockchain, il est indispensable d’avoir un wallet. C’est un portefeuille numérique qui permet de stocker, de manière plus ou moins sécurisée, cryptomonnaies, tokens et NFT. En comparaison avec la finance traditionnelle, un wallet est à la cryptomonnaie, ce qu’un compte en banque est pour les euros, dollars et autres monnaies fiduciaires.

Mais la blockchain ne se limite pas à l’échange de valeur et aux transactions. Le wallet sert alors d’identification et de point d’entrée vers cet écosystème basé sur la blockchain. En pratique, le wallet permet de faire l’intermédiaire entre l’utilisateur et les différentes blockchains comme celle de bitcoin ou d’ethereum. Il existe différents types de wallets, certains physiques comme ceux développés par le français Ledger , et d’autres numériques, accessibles à partir de son smartphone ou de son ordinateur, comme MetaMask .

D’autres définitions à venir, chaque mardi…

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