Une étude d’Ericsson tente de gonfler l’importance de la 5G

Ericsson sort une étude soulignant l’importance de la 5G. Mais elle contient plusieurs raisonnements biscornus et autres semi-vérités. C’est ainsi que les ‘chiffres belges’ sont souvent identiques à ce que l’entreprise communique au niveau international.

Ericsson qualifie son enquête de plus importante étude effectuée auprès d’1,7 milliard de consommateurs. Il nous faut déjà prendre cette déclaration avec la prudence qui s’impose, car il est en fait question de 49.000 questionnaires dans 37 pays. Des Belges auraient également été questionnés, mais Ericsson ne révèle pas combien.

La conclusion de l’étude d’Ericsson, l’un des principaux fabricants d’équipement 5G, c’est que les personnes qui utilisent la 5G, optent nettement plus pour la numérisation que celles qui recourent à la 4G. L’entreprise passe cependant l’une ou l’autre fois sous silence que causalité et corrélation sont deux choses différentes. Heureusement que… Data News est là pour faire la part des choses.

‘Résistance à l’inflation’

Le premier argument de l’étude porte sur le fait que l’adoption de la 5G est une forme de résistance à l’inflation. Car 11 pour cent des Belges envisagent ces 12 prochains mois encore et toujours de souscrire un abonnement 5G. Et 8 sur 10 ne veulent plus d’un retour à la 4G ‘malgré les coûts croissants dus à l’inflation’.

C’est là un argument plus ronflant qu’il n’y paraît. C’est ainsi que la plupart des opérateurs belges proposeront à terme la 5G par défaut. Chez Proximus, seul l’abonnement de base n’offrira pas la 5G. Quant aux autres opérateurs, ils ne font pas de distinction, mais ils viennent seulement de se lancer dans le déploiement de la technologie.

En même temps, toujours plus de smartphones auront la 5G par défaut. C’est ainsi que vous pouvez dès aujourd’hui acheter pour 199 euros un appareil Motorola ou Xiaomi paré pour la 5G. Un coup d’oeil chez Coolblue nous apprend qu’il existe actuellement 678 appareils intégrant la 5G (et la 4G sur le même smartphone) en vente, contre 94 ne proposant que la 4G. A l’exception des smartphones les meilleur marché, il s’avère aujourd’hui difficile d’acheter un appareil sans 5G.

Mais il n’y a pas que dans notre pays que les choses bougent, puisqu’au niveau international, 30 pour cent des personnes interrogées déclarent vouloir mettre à niveau vers un abonnement 5G. D’un point de vue technique, l’adoption belge de la 5G (11 pour cent) s’effectue donc plus lentement que dans d’autres pays.

Promesses et couverture réseau

Le deuxième argument d’Ericsson, c’est que la première vague d’utilisateurs 5G avait des attentes en matière de services innovants, alors que l’actuelle vague aspire surtout à une meilleure couverture réseau.

Ici aussi, nous nous posons des questions à propos de savoir ce que ces consommateurs ont précisément expérimenté en Belgique ces deux dernières années. Le signal 5G limité existant offre surtout une vitesse supérieure. Les nouvelles techniques offrant une très faible latence ou permettant le découpage de réseau (‘network slicing’) par exemple n’existent pas encore sur le marché belge à la consommation.

Couverture réseau

Un troisième argument pour le moins étonnant, c’est que ‘la disponibilité perçue’ de la 5G deviendra un nouveau critère de satisfaction. Autrement dit, le client télécom sera content d’avoir la 5G. Ici, on parle d’une couverture de 60 pour cent, même si 33 pour cent seulement des utilisateurs de la 5G pensent qu’ils se trouveront la moitié du temps sur celle-ci.

Ici encore, Ericsson utilise pour la Belgique les mêmes chiffres qu’à l’international. Mais en réalité, il s’agit là surtout d’un message à l’adresse des opérateurs: achetez notre équipement 5G, si vous voulez conserver vos clients. Même si c’est aussi relatif dans la mesure où tous les grands opérateurs en Belgique sont occupés à déployer la 5G, certes à des vitesses différentes, tout en sachant aussi que Proximus et Orange partageront la plupart de leurs sites mobiles et qu’il y aura donc en de nombreux endroits une portée réseautique comparable.

Plus d’AR et de jeux dans le nuage

Ici, Ericsson affirme que par rapport aux utilisateurs de la 4G, les personnes disposant de la 5G exploiteront trois fois plus souvent les trois services suivants: le streaming, les jeux en ligne ou les jeux dans le nuage. Il s’agit là d’un descriptif quelque peu compliqué pour dire qu’un utilisateur de la 5G consommera plus de médias/données. Au niveau international, cela signifie que les utilisateurs de la 5G recourront à deux fois plus de services numériques. Ils passeront aussi plus de temps (au niveau international) sur les applis de réalité augmentée.

Ici encore, Ericsson mélange causalité et corrélation. L’entreprise suggère qu’on fera subitement beaucoup plus avec la 5G, mais la réalité sera probablement nettement plus logique: quiconque a déjà utilisé la 5G, habite très probablement dans une grande ville et dispose d’un appareil plus coûteux, étant donné que la première génération d’appareils 5G se trouvait surtout dans le segment premium.

La chance que ce groupe de population exploite plus rapidement les nouveaux services numériques, sera plus grande. En d’autres mots, le ‘digital native’ de 27 ans possédant le plus récent iPhone prendra nettement de vitesse ses parents disposant d’un plus ancien iPhone et plus encore ses grands-parents utilisant encore un simple modèle de base n’embarquant que la 4G.

‘Les clients veulent plus de services’

Ericsson déclare que les opérateurs ne doivent pas simplement proposer des abonnements offrant de nombreux giga-octets. 82 pour cent des Belges considèrent en effet ‘les expériences 5G innovantes’ comme un important complément, alors que seul un tiers des utilisateurs combine ‘contenu et applications 5G’.

Nous ne savons pas où Ericsson a tiré ce dernier chiffre, car pour autant qu’on le sache, cela ne se passe pas encore en Belgique. Il semble qu’Ericsson veuille surtout stimuler les opérateurs à proposer en priorité des choses comme le découpage de réseau (‘network slicing’) ou des vitesses supérieures comme formule d’abonnement, parce que cela accroît l’importance de la 5G. Si on examine l’étude dans les détails, il en ressort que cette question n’a été posée que dans 11 pays sur les 37. La Belgique ne semble pas en faire partie et donc, les chiffres mentionnés par l’entreprise, sont à prendre avec des pincettes.

Plus de métavers

Nous nous réjouissons qu’Ericsson ne prévoie pas que la 5G convienne aussi pour les crypto-monnaies et la chaîne de blocs, mais nous ne pouvons quand même pas échapper au phénomène à la mode: le métavers. Selon Ericsson, les utilisateurs belges de la 5G consacreront chaque semaine en moyenne 2 heures et demie en plus que les utilisateurs de la 4G aux services liés au métavers.

Mais qu’est-ce que cela signifie exactement? Les utilisateurs de la 5G passeront-ils effectivement quelques heures par semaine dans Decentraland, Horizon Worlds ou autre? Selon la version internationale de l’étude, ces activités liées au métavers toucheront les jeux, la socialisation et les achats dans des mondes virtuels. Ce dernier point est en effet du métavers, alors que jouer et se rencontrer en ligne avec des amis, c’est possible depuis le début des années 2000 déjà, bien loin avant la 5G, la 4G,voire le 3G.

En résumé, il semble qu’avec son étude globale, Ericsson ne veut pas tant passer en revue les tendances dans le domaine de la 5G, mais entend plutôt faire clairement comprendre à ses clients (les acteurs télécoms) que les clients de ces derniers voient venir d’un bon oeil la 5G pour en faire de multiples choses. L’étude reste cependant superficielle, et son volet belge surtout a à coup sûr tout d’une traduction pure et simple sans beaucoup d’informations ou de données chiffrées tangibles.

Ericsson qualifie son enquête de plus importante étude effectuée auprès d’1,7 milliard de consommateurs. Il nous faut déjà prendre cette déclaration avec la prudence qui s’impose, car il est en fait question de 49.000 questionnaires dans 37 pays. Des Belges auraient également été questionnés, mais Ericsson ne révèle pas combien.La conclusion de l’étude d’Ericsson, l’un des principaux fabricants d’équipement 5G, c’est que les personnes qui utilisent la 5G, optent nettement plus pour la numérisation que celles qui recourent à la 4G. L’entreprise passe cependant l’une ou l’autre fois sous silence que causalité et corrélation sont deux choses différentes. Heureusement que… Data News est là pour faire la part des choses.Le premier argument de l’étude porte sur le fait que l’adoption de la 5G est une forme de résistance à l’inflation. Car 11 pour cent des Belges envisagent ces 12 prochains mois encore et toujours de souscrire un abonnement 5G. Et 8 sur 10 ne veulent plus d’un retour à la 4G ‘malgré les coûts croissants dus à l’inflation’.C’est là un argument plus ronflant qu’il n’y paraît. C’est ainsi que la plupart des opérateurs belges proposeront à terme la 5G par défaut. Chez Proximus, seul l’abonnement de base n’offrira pas la 5G. Quant aux autres opérateurs, ils ne font pas de distinction, mais ils viennent seulement de se lancer dans le déploiement de la technologie.En même temps, toujours plus de smartphones auront la 5G par défaut. C’est ainsi que vous pouvez dès aujourd’hui acheter pour 199 euros un appareil Motorola ou Xiaomi paré pour la 5G. Un coup d’oeil chez Coolblue nous apprend qu’il existe actuellement 678 appareils intégrant la 5G (et la 4G sur le même smartphone) en vente, contre 94 ne proposant que la 4G. A l’exception des smartphones les meilleur marché, il s’avère aujourd’hui difficile d’acheter un appareil sans 5G.Mais il n’y a pas que dans notre pays que les choses bougent, puisqu’au niveau international, 30 pour cent des personnes interrogées déclarent vouloir mettre à niveau vers un abonnement 5G. D’un point de vue technique, l’adoption belge de la 5G (11 pour cent) s’effectue donc plus lentement que dans d’autres pays.Le deuxième argument d’Ericsson, c’est que la première vague d’utilisateurs 5G avait des attentes en matière de services innovants, alors que l’actuelle vague aspire surtout à une meilleure couverture réseau.Ici aussi, nous nous posons des questions à propos de savoir ce que ces consommateurs ont précisément expérimenté en Belgique ces deux dernières années. Le signal 5G limité existant offre surtout une vitesse supérieure. Les nouvelles techniques offrant une très faible latence ou permettant le découpage de réseau (‘network slicing’) par exemple n’existent pas encore sur le marché belge à la consommation.Un troisième argument pour le moins étonnant, c’est que ‘la disponibilité perçue’ de la 5G deviendra un nouveau critère de satisfaction. Autrement dit, le client télécom sera content d’avoir la 5G. Ici, on parle d’une couverture de 60 pour cent, même si 33 pour cent seulement des utilisateurs de la 5G pensent qu’ils se trouveront la moitié du temps sur celle-ci.Ici encore, Ericsson utilise pour la Belgique les mêmes chiffres qu’à l’international. Mais en réalité, il s’agit là surtout d’un message à l’adresse des opérateurs: achetez notre équipement 5G, si vous voulez conserver vos clients. Même si c’est aussi relatif dans la mesure où tous les grands opérateurs en Belgique sont occupés à déployer la 5G, certes à des vitesses différentes, tout en sachant aussi que Proximus et Orange partageront la plupart de leurs sites mobiles et qu’il y aura donc en de nombreux endroits une portée réseautique comparable.Ici, Ericsson affirme que par rapport aux utilisateurs de la 4G, les personnes disposant de la 5G exploiteront trois fois plus souvent les trois services suivants: le streaming, les jeux en ligne ou les jeux dans le nuage. Il s’agit là d’un descriptif quelque peu compliqué pour dire qu’un utilisateur de la 5G consommera plus de médias/données. Au niveau international, cela signifie que les utilisateurs de la 5G recourront à deux fois plus de services numériques. Ils passeront aussi plus de temps (au niveau international) sur les applis de réalité augmentée.Ici encore, Ericsson mélange causalité et corrélation. L’entreprise suggère qu’on fera subitement beaucoup plus avec la 5G, mais la réalité sera probablement nettement plus logique: quiconque a déjà utilisé la 5G, habite très probablement dans une grande ville et dispose d’un appareil plus coûteux, étant donné que la première génération d’appareils 5G se trouvait surtout dans le segment premium.La chance que ce groupe de population exploite plus rapidement les nouveaux services numériques, sera plus grande. En d’autres mots, le ‘digital native’ de 27 ans possédant le plus récent iPhone prendra nettement de vitesse ses parents disposant d’un plus ancien iPhone et plus encore ses grands-parents utilisant encore un simple modèle de base n’embarquant que la 4G.Ericsson déclare que les opérateurs ne doivent pas simplement proposer des abonnements offrant de nombreux giga-octets. 82 pour cent des Belges considèrent en effet ‘les expériences 5G innovantes’ comme un important complément, alors que seul un tiers des utilisateurs combine ‘contenu et applications 5G’.Nous ne savons pas où Ericsson a tiré ce dernier chiffre, car pour autant qu’on le sache, cela ne se passe pas encore en Belgique. Il semble qu’Ericsson veuille surtout stimuler les opérateurs à proposer en priorité des choses comme le découpage de réseau (‘network slicing’) ou des vitesses supérieures comme formule d’abonnement, parce que cela accroît l’importance de la 5G. Si on examine l’étude dans les détails, il en ressort que cette question n’a été posée que dans 11 pays sur les 37. La Belgique ne semble pas en faire partie et donc, les chiffres mentionnés par l’entreprise, sont à prendre avec des pincettes.Nous nous réjouissons qu’Ericsson ne prévoie pas que la 5G convienne aussi pour les crypto-monnaies et la chaîne de blocs, mais nous ne pouvons quand même pas échapper au phénomène à la mode: le métavers. Selon Ericsson, les utilisateurs belges de la 5G consacreront chaque semaine en moyenne 2 heures et demie en plus que les utilisateurs de la 4G aux services liés au métavers.Mais qu’est-ce que cela signifie exactement? Les utilisateurs de la 5G passeront-ils effectivement quelques heures par semaine dans Decentraland, Horizon Worlds ou autre? Selon la version internationale de l’étude, ces activités liées au métavers toucheront les jeux, la socialisation et les achats dans des mondes virtuels. Ce dernier point est en effet du métavers, alors que jouer et se rencontrer en ligne avec des amis, c’est possible depuis le début des années 2000 déjà, bien loin avant la 5G, la 4G,voire le 3G.En résumé, il semble qu’avec son étude globale, Ericsson ne veut pas tant passer en revue les tendances dans le domaine de la 5G, mais entend plutôt faire clairement comprendre à ses clients (les acteurs télécoms) que les clients de ces derniers voient venir d’un bon oeil la 5G pour en faire de multiples choses. L’étude reste cependant superficielle, et son volet belge surtout a à coup sûr tout d’une traduction pure et simple sans beaucoup d’informations ou de données chiffrées tangibles.

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Une étude d’Ericsson tente de gonfler l’importance de la 5G

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