Six pays de l’UE exhortent la Comission à adopter une politique de cyberdéfense plus ambitieuse

L’Autriche, la Finlande, la France, les Pays-Bas, l’Espagne et la Roumanie ont exhorté la Commission européenne à adopter une politique plus ambitieuse en matière de cyberdéfense, axant leurs recommandations sur cinq domaines prioritaires.

Le document officieux, obtenu par EURACTIV et daté du 27 septembre, est destiné à influencer la prochaine proposition de politique de l’UE en matière de cyberdéfense (Cyber Defence Policy, CDP).

L’initiative fait partie d’un paquet plus large sur la sécurité et la défense prévu pour le 9 novembre qui doit inclure un plan d’action sur la mobilité militaire et un programme de défense européen, comme indiqué dans la nouvelle stratégie militaire de l’UE, la Boussole stratégique.

« La CDP devrait également mettre en évidence le rôle de la cyberdéfense dans l’architecture de sécurité et militaire plus large de l’UE », écrivent les six États membres.

Question de définition

Selon eux, le point de départ pour l’UE devrait être de développer une conception commune de la cyberdéfense de l’UE, qui ne peut se limiter à la protection des seuls réseaux de communication militaires.

Ils proposent d’identifier les domaines dans lesquels la coopération militaire et civile devrait être renforcée en termes d’investissements, de renforcement des capacités et de coordination en cas d’attaques.

De plus, « l’UE et ses États membres doivent préciser qui protège quelle partie du cyberespace européen ainsi que les rôles et responsabilités de chaque acteur ».

Le document officieux souligne la nécessité de mettre à jour les objectifs de cyberdéfense de l’UE et de créer une feuille de route concrète pour soutenir leur mise en œuvre.

Il suggère également que la CDP permette aux États membres les plus en avance dans le domaine de la cyberdéfense de partager les leçons tirées de leur expérience et leurs plans d’organisation.

Une « véritable » ambition

Les six gouvernements souhaitent que la CDP permette de mobiliser les investissements nécessaires pour promouvoir les priorités de la Boussole stratégique. Parmi ces priorités figurent le renforcement de la coopération entre les acteurs étatiques et non étatiques, les mécanismes de gestion des crises, la coordination avec des partenaires tels que l’OTAN, la promotion de la recherche et de l’innovation, et le renforcement des capacités.

Sur la base de ces priorités, les États membres devront établir des programmes nationaux quinquennaux, à la fois civils et militaires, en coopération avec la Commission et l’Agence européenne de défense.

En outre, les pays de l’UE souhaitent que la politique de cyberdéfense fixe des lignes directrices pour les investissements prioritaires, en particulier pour les technologies émergentes telles que la cryptographie post-quantique, une technologie capable de résister au piratage des ordinateurs quantiques.

Selon le document, ces lignes directrices pourraient être accompagnées d’indicateurs de performance qui contribueraient à éclairer l’attribution d’instruments financiers spécifiques aux domaines nécessitant un financement supplémentaire, notamment en relation avec le Fonds européen de la défense.

L’approche choisie pour le développement des capacités, indique le document officieux, « devrait être fondée, lorsque cela est pertinent, sur des architectures et des solutions à code source ouvert ».

Cyber-solidarité

Les six pays de l’UE proposent d’inclure un appel au renforcement de la cybersécurité dans la base industrielle et technologique de défense, le programme de l’UE visant à développer une industrie de défense paneuropéenne.

Outre la CDP, le document officieux demande au service diplomatique européen, le SEAE, d’élaborer un plan de mise en œuvre de la vision et de la stratégie militaires de l’UE dans le cyberespace, ainsi que du concept de cyberdéfense de l’UE pour les opérations militaires.

Les pays souhaitent également une clarification des responsabilités en matière de gestion de crise et des conditions dans lesquelles l’état-major militaire peut demander aux gouvernements de soutenir des opérations et des missions communes sur des questions telles que le type d’incident, le contexte et la responsabilité financière et juridique.

De plus, ils souhaitent que la CDP établisse un mécanisme permettant aux pays de l’UE de mettre volontairement en commun leurs capacités cyber en dehors des opérations conjointes, au sein d’équipes spéciales de réponse aux crises.

Gouvernance

Le document propose l’attribution d’un rôle de coordination à un État membre, sur le modèle des projets de cyber-coordination existants. L’État membre en question coordonnerait les actions de cyberdéfense avec des acteurs extérieurs tels que l’OTAN, partagerait les informations avec les parties prenantes concernées et rendrait compte des cybermenaces identifiées.

Les États membres souhaitent également que la CDP soutienne la création officielle d’un réseau de cyber-commandants de l’UE, que le Conseil de l’UE a approuvé en mai dans le cadre de la posture cyber de l’UE.

Ces cyber-commandants sont supposés assurer la liaison entre les niveaux technique et stratégique, tout en coopérant avec les organes civils en cas de cyber-incidents importants ou de crises transfrontalières.

Au niveau technique, ils plaident en faveur de l’opérationnalisation du réseau des équipes militaires d’intervention en cas d’urgence informatique, qui devraient coopérer avec leurs homologues civils.

Éducation et formation

En ce qui concerne le renforcement des capacités, le document officieux préconise l’organisation d’exercices alliant les aspects civils et militaires dès l’année prochaine et le développement de capacités de formation partagées, notamment par le biais d’une coopération permanente. Des cours de formation conjoints et une participation mutuelle à des cyber-exercices devraient être envisagés avec l’OTAN.

Enfin, les six pays souhaitent une nouvelle politique de recrutement au niveau de l’UE à moyen terme, notamment par le financement de bourses dans le cadre du programme Erasmus+ pour les talents européens dans le domaine cyber afin de renforcer les compétences civiles et militaires.

En outre, ils souhaitent également la mise en place d’un programme de formation au niveau européen.

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