La communauté NFT belge: déterminée certes, mais pas encore assez mature

Data News a assisté à Web32, la première conférence web3 organisée dans notre pays. Alors qu’on est en plein boum des NFT et des métavers, nous avons voulu savoir si cette vogue recouvrait aussi de véritable business cases et si oui, quelle en était la valeur intrinsèque? L’avenir passera-t-il réellement par là? Ou débordons-nous surtout d’enthousiasme en raison de tout le tralala qui se dit à ce propos?

Admettons-le, c’est avec un peu de scepticisme, voire de façon quasiment ironique que nous avons envoyé aux organisateurs de Web32 un mail leur demandant si un journaliste de Data News pouvait assister à leur conférence. Mais après avoir suivi les projets NFT du Club de Bruges (allant de pair avec les réactions partagées des partisans et des opposants), nous ne voulions pas en rester là. Existe-t-il donc à côte de la vogue et des nombreuses histoires d’escroquerie un avenir et une réelle valeur pour cette nouvelle tendance? La réponse est oui, mais cela requiert actuellement encore pas mal d’imagination et de croyance (aveugle) qu’il en sera ainsi. Mais après tout, n’avait-on pas écrit la même chose, lorsqu’au début des années nonante, le world wide web fit son apparition ou lorsque Netlog (longtemps avant Facebook) lança des pages de profil, en prélude au réseau social.

Quiconque participe à Web32 pour surfer tout en haut de la vague, risque toutefois d’être déçu. Web32 n’aborde en effet pas les NFT qu’il faut absolument acheter pour devenir riche, et ne prodigue pas d’autres conseils financiers. Et les organisateurs insistent du reste aussi sur ce point. Il est question ici de rassembler la communauté et de rechercher du potentiel. Et quasiment chaque orateur l’a déclaré au moins une fois dans son discours: ‘Ce ne sont que les débuts’.

‘Cela fait un an et demi que je m’y suis intéressée pour la première fois’, déclare Ann Claes, co-organisatrice du salon et co-fondatrice de Mutani, qui entend lancer un pont entre les concepteurs (de mode) et le monde numérique et les jeux. ‘Mais cela s’accélère, et on voit l’intérêt et les événements liés à cette technologie croître au niveau mondial. Donc pourquoi pas aussi à Anvers avec des héros locaux tels Musketon par exemple?’

Apprendre et expérimenter

‘Chacun de nous distingue la valeur de la technologie, mais nous nous intéressons aussi à ce qui se passe au-delà de la vogue et recherchons des cas d’usage concrets et la valeur que cela représente pour les entrepreneurs, les esprits créatifs, les entreprises en quête de solutions de chaîne d’approvisionnement ou d’inspiration’, déclare l’organisateur Thomas Lambrechts (Lambi). ‘Mais nous ne voulons pas non plus pousser à tout prix quelqu’un dans cette voie. Tant les défenseurs que les opposants sont ici les bienvenus. Il y a certes encore des pierres d’achoppement comme des projets qui échouent ou des gens qui se font escroquer. Mais nous trouvons important de montrer ce que la technologie est capable de faire.’

Marijke Wouters de Venly résume bien la situation durant sa session. Elle compare tout ce qui tourne autour des NFT au cycle de la ‘hype’ de Gartner. A cette exception près que nous ne sommes pas à la phase des ‘peak of inflated expectations’, mais nettement au-delà. ‘Nous nous dirigeons en fait vers la phase ‘trough of disillusionment’ et aurons besoin de plus d’infrastructure, de vision et de législation, car ce qui existe à présent, n’est pas encore suffisamment mature. Mais nous nous approchons ainsi progressivement de la phase ‘slope of enlightenment’ et du ‘plateau of productivity’. Or c’est là que nous voulons intervenir avec Venly’. Et d’évoquer dans ses explications la difficulté d’acheter un NFT. La nécessité d’avoir un portefeuille crypto à sécuriser au moyen d’une phrase secrète de 24 mots, l’absence de toute option permettant d’obtenir un accès en cas de perte du code, puis l’achat de crypto-monnaies via une plate-forme comme Binance, compte tenu des frais de transaction (‘gas fees’), etc. ‘Le parcours de l’utilisateur pour réaliser tout cela est pénible, voire parfois effrayant.’ Il ne vous étonnera donc pas que l’entreprise de Wouters veuille simplifier ce trajet. Mais cela n’en rend l’aboutissement pas moins intéressant.

Gartner Hype Cycle © Gartner

L’un des cas d’usage à potentiel est un avatar numérique unique. Ce que fait Mutani c’est par exemple demander à un développeur de mode qui crée numériquement des vêtements, d’en faire un NFT. Achetez-le et vous pourrez porter virtuellement cette tenue numérique dans un métavers ou un jeu vidéo. Aujourd’hui, tout cela n’est pas encore tout à fait au point, mais l’entreprise s’attend à ce que vous puissiez utiliser à terme ce genre d’avatar numérique – unique pour vous – dans différents jeux pour devenir le même joueur en maillot rouge dans Fortnite, dans Horizon Worlds, dans Animal Crossing, etc. Permettez-nous d’en douter, mais on nous rappelle aussitôt que Fornite brasse des milliards de dollars par an, dont une grande partie provient de ce genre d’habillages (‘skins’) virtuels.

Mais entre la vision et la destination finale, il y a encore pas mal de stations intermédiaires. Chaque jeu ne fonctionne pas sur le même moteur (Unity ou Unreal pour ne citer que ces deux-là), et la question est de savoir dans quelle mesure les grands producteurs de jeux sont prêts à ouvrir leur environnement virtuel et à les rendre compatibles. Cela ira de pair avec des rentrées financières partagées. Par ailleurs, nous pouvons très bien imaginer qu’un joueur pro ou un streamer populaire vende ses capes, carapaces ou chapeaux et qu’il y ait pour cela un public enthousiaste.

‘On en est pleinement au stade de l’apprentissage et de l’expérimentation’, affirme Shayli Harrison, CEO et l’autre co-fondatrice de Mutani, à Data News. ‘Pour l’instant, il s’agit encore d’un travail très technique, mais c’est précisément pourquoi on peut encore démarrer de zéro dans cet environnement. Et la Belgique est un endroit idéal pour ce faire: HoWest est l’une des meilleurs écoles de gaming, et la Modeacademie anversoise l’une des meilleurs écoles de mode au monde. Nous sommes du reste en train de négocier activement avec elles.’

Art, jeux et objets de collection virtuels

Sur base des dires des orateurs, mais aussi des personnes que nous avons rencontrées à la conférence, il existe un certain nombre de domaines dans lesquels les NFT peuvent faire leur apparition: l’art, les jeux et les objets de collection numériques. Les premier est déjà quelque peu connu, mais à un stade plus avancé, un artiste pourra aussi recevoir une commission, si son oeuvre est vendue et qu’il y a davantage de clarté sur le côté authentique ou unique de celle-ci. Pour les jeux (ou un métavers), il est davantage question du caractère unique de votre personnage, ce qui fait que dans un monde idéal, vous pourrez l’emmener partout. Et pour ce qui est des objets de collection, on parlera surtout de la connexion entre les fans et le produit.

Mais on en est encore loin. Si on peut subdiviser le public présent à Web32 – quelque 350 personnes – en fonction du type et des déclarations, on distingue des startups qui ont encore pas mal de chemin à parcourir, mais aussi des entreprises et des assistants (‘wizards’) numériques qui, tout comme Data News, viennent prendre la température pour savoir qui fait quoi et dans quel but. On y rencontre aussi des créateurs numériques et autres artistes qui distinguent dans Web3 un modèle commercial du futur.

PVL
© PVL

Ce qu’on ne voit guère par contre, ce sont des braillards. Il est évident que le public présent a l’esprit tourné vers les NFT et le métavers et que durant les pauses, on surprend parfois des conversations consacrées à des crypto-investissements. Mais ce qui fâche à tout bout de champ les fans sur Twitter à propos de telle ou telle critique sur le domaine, se retrouve moins ici. ‘J’en ai assez de voir un NFT associé à un animal’, explique Evgenuy Medvedev, responsable des partenariats chez Rarible, à ce propos. Et d’aborder dans sa session aussi les pierres d’achoppement: ‘Certes, cet endroit (le web3, et pas la conférence Web32, ndlr) est plein de ‘rugs’ (arnaques, ndlr) et de fausses collections. Lorsqu’un projet NFT est lancé, une centaine d’autres semblables arrivent sur le marché, et tout cela mérite vérification.’ Nous parlons ensuite avec un expert en transformation numérique qui reconnaît avoir été autrefois lui-même escroqué. Ce n’est pas dû aux fournisseurs de NFT de bonne foi ou à des startups qui y voient un avenir, mais cela rend le trajet vers l’adoption de masse d’autant plus cahoteux.

‘C’est encore peu le Far West, et il est dommage que des gens s’y brûlent les doigts’, explique Lambrechts. ‘On promet des choses, et c’est d’autant plus facile qu’il n’y a pas de réglementation. Il convient donc de créer un cadre légal. Or on en est encore loin. Mais les choses progressent quand même grâce à des gens qui y croient et à juste titre. Une fois qu’on y est occupé un certain temps, on a le sentiment d’avancer.’

Plusieurs orateurs le répètent à qui veut l’entendre: ils sont en quête d’un écosystème plus mature, où la fraude et les offres NFT surtout basées sur le travail de quelqu’un d’autre sont plus rapidement découvertes. Un peu comme on sait aujourd’hui que le sac à main Louis Vuitton proposé à 50 euros sur 2ememain est probablement un faux, et que le vêtement design sur AliExpress en impose surtout sur l’écran de l’ordinateur.

Harrison déclare lui aussi regarder à long terme, afin de distinguer la vogue de l’absurdité: ‘Il faudra voir ce qui restera, lorsque le crypto-marché régressera par exemple. A de tels moments, il y aura pas mal de déchets. Mais il convient aussi de prendre en considération les cas d’usage effectifs et la valeur d’échelle qu’ils apportent.’

Peu d’attrait pour les ‘big tech’

Une autre tendance étonnante, c’est que de nombreux orateurs prennent explicitement leurs distances vis-à-vis des grandes firmes technologique (‘big tech’). Alors que le web2 (autrefois qualifié de web 2.0) est dominé par les GAFA, on espère que le web3 puisse de nouveau prendre la direction d’un internet décentralisé, où l’utilisateur exerce lui-même un plus grand contrôle.

Ce n’est pas une mauvaise tendance, mais ici encore, cela dépendra en grande partie de la façon dont cela va se passer. Facebook voudra assurément être votre plate-forme/identité pour le métavers, mais si les NFT et les objets numériques qui y sont liés, deviennent et demeurent vraiment une activité en plein boum, la plate-forme sur laquelle ils seront négociés et conservés, disposera d’une position de force.

PVL
© PVL

Et ce, même s’il y a bien un changement de mentalité et surtout la prise de conscience qu’on ne peut être présent sur la plate-forme d’une grande entreprise technologique que par la grâce de cette dernière. Quant à savoir si Facebook représente un meilleur choix qu’une entreprise, dont on ignore si elle existera encore dans trois ans (ou si elle sera entre-temps rachetée par les big tech), nous ne nous prononcerons pas.

Ici encore, on observe des similitudes avec les débuts du world wide web. Il y eut en effet là aussi l’idée initiale que tout un chacun pourrait mettre en oeuvre son propre serveur et y gérer son propre site web, ses fichiers ou d’autres éléments et ce, en quasi totale liberté et égalité. Or dans la réalité, tout un chacun ne possède pas la connaissance technique voulue et dans la pratique, il est souvent plus aisé ou pratique de se tourner vers une firme d’hébergement, tout comme nous confions aujourd’hui nos applis à AWS, Google ou Azure. Ou que nous faisons transiter notre communication via Facebook/WhatsApp ou Twitter: c’est facile, puisque même… notre grand-mère y a recours.

L’essence du web3 est que l’utilisateur aura davantage son mot à dire, mais notre côté sceptique nous fait penser qu’on en arrivera à de la consolidation et que si les NFT s’imposent, ce sera par le biais de quelques acteurs en vue, qui y créeront une structure conviviale. Pensez-vous un instant en effet qu’Amazon ou Facebook laisseront spontanément leur méga-activité s’en aller à vau-l’eau?

Sobriété rafraîchissante

Une visite à Web32 a-t-elle dès lors fait de nous des adeptes du web3 ou des NFT? Non. Sommes-nous convaincus qu’il y a là aujourd’hui une énorme plus-value et d’extraordinaires business cases à réaliser? Non plus. Mais le fait est que nous y avons appris à connaître un aspect plus sobre de ce paysage. Ce nouveau monde numérique n’existe pas encore, mais les architectes et entrepreneurs y sont bien occupés, et cette conférence représente une amorce méritoire en vue de réunir en Belgique aussi les personnes ayant des projets dans ce sens.

Nous ne sommes pas venus pour écouter les gourous d’une secte et leurs adeptes. Nous n’avons pas payé nos boissons avec de la crypto-monnaie, mais avec Bancontact (même si cela aurait peut-être été un meilleur investissement au vu du cours actuel). Mais nous avons rencontré des gens désireux de préparer la prochaine génération de notre société numérique.

Les NFT, métavers et crypto-espèces en feront partie et tout comme dans la vraie vie, on y trouvera de temps à autre des cas de fraude ou d’escroquerie. Votre entreprise doit-elle aujourd’hui absolument monter à bord de ce train pour être encore pertinente d’ici cinq ans? Non. Mais il est quand même question d’une nouvelle technologie, et le moment est donc venu de réfléchir quant à savoir s’il y aura là un business case intéressant. Regardez au-delà de la vogue en tenant compte des contretemps et qui sait si vous ne vous direz pas dans dix ans: ‘ce fut une expérience bizarre’ ou ‘je suis ravi d’avoir saisi la balle au bond à l’époque.’

Admettons-le, c’est avec un peu de scepticisme, voire de façon quasiment ironique que nous avons envoyé aux organisateurs de Web32 un mail leur demandant si un journaliste de Data News pouvait assister à leur conférence. Mais après avoir suivi les projets NFT du Club de Bruges (allant de pair avec les réactions partagées des partisans et des opposants), nous ne voulions pas en rester là. Existe-t-il donc à côte de la vogue et des nombreuses histoires d’escroquerie un avenir et une réelle valeur pour cette nouvelle tendance? La réponse est oui, mais cela requiert actuellement encore pas mal d’imagination et de croyance (aveugle) qu’il en sera ainsi. Mais après tout, n’avait-on pas écrit la même chose, lorsqu’au début des années nonante, le world wide web fit son apparition ou lorsque Netlog (longtemps avant Facebook) lança des pages de profil, en prélude au réseau social.Quiconque participe à Web32 pour surfer tout en haut de la vague, risque toutefois d’être déçu. Web32 n’aborde en effet pas les NFT qu’il faut absolument acheter pour devenir riche, et ne prodigue pas d’autres conseils financiers. Et les organisateurs insistent du reste aussi sur ce point. Il est question ici de rassembler la communauté et de rechercher du potentiel. Et quasiment chaque orateur l’a déclaré au moins une fois dans son discours: ‘Ce ne sont que les débuts’.’Cela fait un an et demi que je m’y suis intéressée pour la première fois’, déclare Ann Claes, co-organisatrice du salon et co-fondatrice de Mutani, qui entend lancer un pont entre les concepteurs (de mode) et le monde numérique et les jeux. ‘Mais cela s’accélère, et on voit l’intérêt et les événements liés à cette technologie croître au niveau mondial. Donc pourquoi pas aussi à Anvers avec des héros locaux tels Musketon par exemple?’Apprendre et expérimenter’Chacun de nous distingue la valeur de la technologie, mais nous nous intéressons aussi à ce qui se passe au-delà de la vogue et recherchons des cas d’usage concrets et la valeur que cela représente pour les entrepreneurs, les esprits créatifs, les entreprises en quête de solutions de chaîne d’approvisionnement ou d’inspiration’, déclare l’organisateur Thomas Lambrechts (Lambi). ‘Mais nous ne voulons pas non plus pousser à tout prix quelqu’un dans cette voie. Tant les défenseurs que les opposants sont ici les bienvenus. Il y a certes encore des pierres d’achoppement comme des projets qui échouent ou des gens qui se font escroquer. Mais nous trouvons important de montrer ce que la technologie est capable de faire.’Marijke Wouters de Venly résume bien la situation durant sa session. Elle compare tout ce qui tourne autour des NFT au cycle de la ‘hype’ de Gartner. A cette exception près que nous ne sommes pas à la phase des ‘peak of inflated expectations’, mais nettement au-delà. ‘Nous nous dirigeons en fait vers la phase ‘trough of disillusionment’ et aurons besoin de plus d’infrastructure, de vision et de législation, car ce qui existe à présent, n’est pas encore suffisamment mature. Mais nous nous approchons ainsi progressivement de la phase ‘slope of enlightenment’ et du ‘plateau of productivity’. Or c’est là que nous voulons intervenir avec Venly’. Et d’évoquer dans ses explications la difficulté d’acheter un NFT. La nécessité d’avoir un portefeuille crypto à sécuriser au moyen d’une phrase secrète de 24 mots, l’absence de toute option permettant d’obtenir un accès en cas de perte du code, puis l’achat de crypto-monnaies via une plate-forme comme Binance, compte tenu des frais de transaction (‘gas fees’), etc. ‘Le parcours de l’utilisateur pour réaliser tout cela est pénible, voire parfois effrayant.’ Il ne vous étonnera donc pas que l’entreprise de Wouters veuille simplifier ce trajet. Mais cela n’en rend l’aboutissement pas moins intéressant.L’un des cas d’usage à potentiel est un avatar numérique unique. Ce que fait Mutani c’est par exemple demander à un développeur de mode qui crée numériquement des vêtements, d’en faire un NFT. Achetez-le et vous pourrez porter virtuellement cette tenue numérique dans un métavers ou un jeu vidéo. Aujourd’hui, tout cela n’est pas encore tout à fait au point, mais l’entreprise s’attend à ce que vous puissiez utiliser à terme ce genre d’avatar numérique – unique pour vous – dans différents jeux pour devenir le même joueur en maillot rouge dans Fortnite, dans Horizon Worlds, dans Animal Crossing, etc. Permettez-nous d’en douter, mais on nous rappelle aussitôt que Fornite brasse des milliards de dollars par an, dont une grande partie provient de ce genre d’habillages (‘skins’) virtuels.Mais entre la vision et la destination finale, il y a encore pas mal de stations intermédiaires. Chaque jeu ne fonctionne pas sur le même moteur (Unity ou Unreal pour ne citer que ces deux-là), et la question est de savoir dans quelle mesure les grands producteurs de jeux sont prêts à ouvrir leur environnement virtuel et à les rendre compatibles. Cela ira de pair avec des rentrées financières partagées. Par ailleurs, nous pouvons très bien imaginer qu’un joueur pro ou un streamer populaire vende ses capes, carapaces ou chapeaux et qu’il y ait pour cela un public enthousiaste.’On en est pleinement au stade de l’apprentissage et de l’expérimentation’, affirme Shayli Harrison, CEO et l’autre co-fondatrice de Mutani, à Data News. ‘Pour l’instant, il s’agit encore d’un travail très technique, mais c’est précisément pourquoi on peut encore démarrer de zéro dans cet environnement. Et la Belgique est un endroit idéal pour ce faire: HoWest est l’une des meilleurs écoles de gaming, et la Modeacademie anversoise l’une des meilleurs écoles de mode au monde. Nous sommes du reste en train de négocier activement avec elles.’Sur base des dires des orateurs, mais aussi des personnes que nous avons rencontrées à la conférence, il existe un certain nombre de domaines dans lesquels les NFT peuvent faire leur apparition: l’art, les jeux et les objets de collection numériques. Les premier est déjà quelque peu connu, mais à un stade plus avancé, un artiste pourra aussi recevoir une commission, si son oeuvre est vendue et qu’il y a davantage de clarté sur le côté authentique ou unique de celle-ci. Pour les jeux (ou un métavers), il est davantage question du caractère unique de votre personnage, ce qui fait que dans un monde idéal, vous pourrez l’emmener partout. Et pour ce qui est des objets de collection, on parlera surtout de la connexion entre les fans et le produit.Mais on en est encore loin. Si on peut subdiviser le public présent à Web32 – quelque 350 personnes – en fonction du type et des déclarations, on distingue des startups qui ont encore pas mal de chemin à parcourir, mais aussi des entreprises et des assistants (‘wizards’) numériques qui, tout comme Data News, viennent prendre la température pour savoir qui fait quoi et dans quel but. On y rencontre aussi des créateurs numériques et autres artistes qui distinguent dans Web3 un modèle commercial du futur.Ce qu’on ne voit guère par contre, ce sont des braillards. Il est évident que le public présent a l’esprit tourné vers les NFT et le métavers et que durant les pauses, on surprend parfois des conversations consacrées à des crypto-investissements. Mais ce qui fâche à tout bout de champ les fans sur Twitter à propos de telle ou telle critique sur le domaine, se retrouve moins ici. ‘J’en ai assez de voir un NFT associé à un animal’, explique Evgenuy Medvedev, responsable des partenariats chez Rarible, à ce propos. Et d’aborder dans sa session aussi les pierres d’achoppement: ‘Certes, cet endroit (le web3, et pas la conférence Web32, ndlr) est plein de ‘rugs’ (arnaques, ndlr) et de fausses collections. Lorsqu’un projet NFT est lancé, une centaine d’autres semblables arrivent sur le marché, et tout cela mérite vérification.’ Nous parlons ensuite avec un expert en transformation numérique qui reconnaît avoir été autrefois lui-même escroqué. Ce n’est pas dû aux fournisseurs de NFT de bonne foi ou à des startups qui y voient un avenir, mais cela rend le trajet vers l’adoption de masse d’autant plus cahoteux.’C’est encore peu le Far West, et il est dommage que des gens s’y brûlent les doigts’, explique Lambrechts. ‘On promet des choses, et c’est d’autant plus facile qu’il n’y a pas de réglementation. Il convient donc de créer un cadre légal. Or on en est encore loin. Mais les choses progressent quand même grâce à des gens qui y croient et à juste titre. Une fois qu’on y est occupé un certain temps, on a le sentiment d’avancer.’ Plusieurs orateurs le répètent à qui veut l’entendre: ils sont en quête d’un écosystème plus mature, où la fraude et les offres NFT surtout basées sur le travail de quelqu’un d’autre sont plus rapidement découvertes. Un peu comme on sait aujourd’hui que le sac à main Louis Vuitton proposé à 50 euros sur 2ememain est probablement un faux, et que le vêtement design sur AliExpress en impose surtout sur l’écran de l’ordinateur.Harrison déclare lui aussi regarder à long terme, afin de distinguer la vogue de l’absurdité: ‘Il faudra voir ce qui restera, lorsque le crypto-marché régressera par exemple. A de tels moments, il y aura pas mal de déchets. Mais il convient aussi de prendre en considération les cas d’usage effectifs et la valeur d’échelle qu’ils apportent.’Une autre tendance étonnante, c’est que de nombreux orateurs prennent explicitement leurs distances vis-à-vis des grandes firmes technologique (‘big tech’). Alors que le web2 (autrefois qualifié de web 2.0) est dominé par les GAFA, on espère que le web3 puisse de nouveau prendre la direction d’un internet décentralisé, où l’utilisateur exerce lui-même un plus grand contrôle.Ce n’est pas une mauvaise tendance, mais ici encore, cela dépendra en grande partie de la façon dont cela va se passer. Facebook voudra assurément être votre plate-forme/identité pour le métavers, mais si les NFT et les objets numériques qui y sont liés, deviennent et demeurent vraiment une activité en plein boum, la plate-forme sur laquelle ils seront négociés et conservés, disposera d’une position de force.Et ce, même s’il y a bien un changement de mentalité et surtout la prise de conscience qu’on ne peut être présent sur la plate-forme d’une grande entreprise technologique que par la grâce de cette dernière. Quant à savoir si Facebook représente un meilleur choix qu’une entreprise, dont on ignore si elle existera encore dans trois ans (ou si elle sera entre-temps rachetée par les big tech), nous ne nous prononcerons pas.Ici encore, on observe des similitudes avec les débuts du world wide web. Il y eut en effet là aussi l’idée initiale que tout un chacun pourrait mettre en oeuvre son propre serveur et y gérer son propre site web, ses fichiers ou d’autres éléments et ce, en quasi totale liberté et égalité. Or dans la réalité, tout un chacun ne possède pas la connaissance technique voulue et dans la pratique, il est souvent plus aisé ou pratique de se tourner vers une firme d’hébergement, tout comme nous confions aujourd’hui nos applis à AWS, Google ou Azure. Ou que nous faisons transiter notre communication via Facebook/WhatsApp ou Twitter: c’est facile, puisque même… notre grand-mère y a recours.L’essence du web3 est que l’utilisateur aura davantage son mot à dire, mais notre côté sceptique nous fait penser qu’on en arrivera à de la consolidation et que si les NFT s’imposent, ce sera par le biais de quelques acteurs en vue, qui y créeront une structure conviviale. Pensez-vous un instant en effet qu’Amazon ou Facebook laisseront spontanément leur méga-activité s’en aller à vau-l’eau?Une visite à Web32 a-t-elle dès lors fait de nous des adeptes du web3 ou des NFT? Non. Sommes-nous convaincus qu’il y a là aujourd’hui une énorme plus-value et d’extraordinaires business cases à réaliser? Non plus. Mais le fait est que nous y avons appris à connaître un aspect plus sobre de ce paysage. Ce nouveau monde numérique n’existe pas encore, mais les architectes et entrepreneurs y sont bien occupés, et cette conférence représente une amorce méritoire en vue de réunir en Belgique aussi les personnes ayant des projets dans ce sens.Nous ne sommes pas venus pour écouter les gourous d’une secte et leurs adeptes. Nous n’avons pas payé nos boissons avec de la crypto-monnaie, mais avec Bancontact (même si cela aurait peut-être été un meilleur investissement au vu du cours actuel). Mais nous avons rencontré des gens désireux de préparer la prochaine génération de notre société numérique.Les NFT, métavers et crypto-espèces en feront partie et tout comme dans la vraie vie, on y trouvera de temps à autre des cas de fraude ou d’escroquerie. Votre entreprise doit-elle aujourd’hui absolument monter à bord de ce train pour être encore pertinente d’ici cinq ans? Non. Mais il est quand même question d’une nouvelle technologie, et le moment est donc venu de réfléchir quant à savoir s’il y aura là un business case intéressant. Regardez au-delà de la vogue en tenant compte des contretemps et qui sait si vous ne vous direz pas dans dix ans: ‘ce fut une expérience bizarre’ ou ‘je suis ravi d’avoir saisi la balle au bond à l’époque.’

We wish to thank the writer of this article for this amazing content

La communauté NFT belge: déterminée certes, mais pas encore assez mature

We have our social media pages here and other pages on related topics here.https://metfabtech.com/related-pages/