Votre NFT est-il réellement le vôtre ? Meta Hebdo

Mon précieux – Qui n’a pas contemplé son NFT amoureusement et béatement, heureux d’avoir son précieux jeton non fongible ? Une fois l’émoi des premiers instants passé, après avoir zoomé, dézoomé et analysé votre acquisition adorée, vous êtes satisfait de cette propriété authentique.

Mais, vous êtes vous demandé si ce NFT était vraiment le vôtre ? Le droit d’auteur donnant l’accès à la propriété intellectuelle des œuvres d’art, par exemple, vous est-il franchement expliqué ? Quel usage public pouvez-vous faire de votre NFT ? Quelle est la reconnaissance réelle de sa propriété et de son authenticité dans notre société ?

Acte de propriété du web 3, certificat d’authenticité du futur, les jetons non fongibles s’imposent comme la représentation authentique de notre image dans le metaverse. Outils clés, enjeux pour notre écosystème, promis à un avenir utilitaire pour nous tous, les conditions qui régissent leur utilisation sont encore floues. Une aubaine pour les géants du Web 2 qui comptent bien les adapter à leur économie.

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À vos marques prêts ? NFT !

Les grandes marques sur le podium des ventes NFT

Les NFT sont probablement la technologie web 3 la plus utilisée par les géants du Web 2. En témoigne les données de Dune, société d’analyse blockchain :

« Tableau final des statistiques sur les marques» – Source : Dune

Dans ce tableau d’honneur, nous remarquons que les marques de sport et les marques de luxe tirent leur épingle du jeu. Nike, de son côté est premier haut la main. Le propriétaire des studios RTFKT a récolté cette dernière année 185,42 millions de dollars de revenus sur ses collections de NFT.

Ainsi, malgré l’ère glaciale qui s’abat sur l’écosystème crypto, ces différentes données nous montrent que l’année n’a pas été si mauvaise. Les marques ont su tirer profit des technologies web 3, elles ont porté les NFT. Le volume de trading des NFT sur les marketplaces Ethereum est à l’image de cette réussite.

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Volume de trading mensuel sur les marketplaces Ethereum – Source : Dune

Les NFT stars du monde réel …

Ce succès n’est pas visible uniquement sur les données de la blockchain. L’actualité est ponctuée de grandes marques qui lancent des collections de NFT. Les célébrités ne sont pas mises de côté. Paris Hilton, metaverse et NFT addict, a annoncé ces dernières semaines son partenariat avec The Sandbox. Au-delà des paillettes, la star offre une légitimité de plus au métavers pixelisé de Sebastien Borget, qui attire dans ses filets, la reine de Roblox.

La dernière actualité en date de ce genre reste tout de même le partenariat de Snoop Dogg avec Eminem. Les deux artistes vont maintenant faire le show dans Otherside, toujours avec Yuga Labs pour les MTV Music Awards. Ils présenteront leur titre « From the D 2 the LBC » à l’image de leur clip dans le métavers des singes ennuyeux. Par ailleurs, les concerts métavers auront à présent leur propre catégorie au MTV Music Awards.

… égéries du metaverse

Mais, ce n’est pas tout. L’usage de la marque n’est pas à sens unique, bien au contraire. De la même manière que l’on retrouve la marque BAYC dans le monde réel, on retrouve également la marque Snoop Dogg dans le métavers. Dans la saison 3 de The Sandbox, les premières épreuves consistent à chercher Steve Aoki et Snoop Dogg. La visite d’une galerie d’art NFT Bored Ape Yatch Club est également un passage obligatoire pour évoluer dans le jeu.

Le métavers se voit donc pris d’assaut. Il promet monts et merveilles via ces différents partenariats. Accrochées à cet écosystème qui vaut de l’or, comment ces grandes entreprises web 2 et web 3 défendent-t-elles les droits de leurs NFT ?

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Snoop Dogg assortit à nos Crocs dans le metaverse de The Sandbox – Capture d’écran

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À quoi ça sert d’avoir un token non fongible si on ne peut rien faire avec ?

Est-on réellement propriétaire de son token ?

A priori, oui. Mais non. Un récent rapport de Galaxy Digital développe justement la question de la propriété dans le cadre des NFT de grandes marques. L’entière propriété de nos NFT n’étant d’après le rapport qu’illusoire.

En effet, l’image que nous possédons est-elle une œuvre artistique, le développement d’un projet ou la présentation d’un concept, par exemple, ou est-ce au contraire un simple jpeg ? Dès lors, il s’agit de comprendre la différence entre une licence d’utilisation NFT et la propriété intellectuelle liée au droit d’auteur. Dans ce sens le rapport choisit un exemple simple et pertinent. Lorsque l’on achète un DVD, le DVD nous appartient. Toutefois, pas le film. Il en est de même, de fait, pour les plus grandes collections de NFT.

Les licences : la loi des NFT

Les droits de nos NFT sont donc régis par des licences. Pour avoir un droit de propriété, il faut un accord entre le propriétaire de l’image et le titulaire du NFT. Il existe ainsi plusieurs types de licences, le rapport les classe comme suit :

  • « Droits commerciaux » : le NFT est alors une œuvre d’art monétisée, sans plafond et sans durée dans le temps. Aucun droit de propriété intellectuel l’accompagne (Azuki, l’écosystème BAYC) ;
  • « droits commerciaux limités » : la monétisation est restreinte dans le temps, les revenus également sont encadrés ( Cryptokitties, Doodles NFT) ;
  • « usage personnel » : droit d’affichage et monétisation du NFT restreinte, voire interdite (Time Pieces, Adidas Original) ;
  • « Creative Commons » : le NFT est dans le domaine public. Le propriétaire possède alors un NFT qui appartient dans un sens à tous.

Propriété conditionnelle

Les droits de l’acheteur sur le NFT qu’il acquiert découlent ainsi de la licence d’utilisation et parfois même de conditions générales permises dans l’écosystème du projet. Par exemple, pour un jeu play to earn tel qu’Axie Infinity, une licence détermine l’utilisation des NFT dans un cadre particulier, notamment dans le cadre des concours de création de contenu.

Toutefois, l’usage du NFT dans le jeu et dans le monde d’Axie Infinity lui est déterminé par des conditions générales propres au jeu. Par exemple, lorsque l’on possède un NFT Axie Infinity, on peut le prêter. Cependant, on ne pourra pas le jouer comme on le souhaite. L’Axie risque en effet de partir dans la geôle des Axies soupçonnés de tricherie et bannis du jeu.

Modifiables et adaptables en fonction des besoins d’un projet ces licences sont donc la preuve d’une propriété limitée et parfois détournée de nos NFT. Certains géants ne se gênent d’ailleurs pas pour modifier assez brutalement les conditions de propriété de leurs NFT. Yuga Las par exemple, a décidé 6 mois après le rachat de CryptoPunks de ne plus accorder la propriété intellectuelle aux NFT à crête. Le projet Moonbirds a également décidé de changer sa licence. Noms d’oiseaux et autres piaillements se sont alors répandus sur Twitter. Face aux faits, au rapport ensuite de conclure par ce constat :

« En conséquence, pour la grande majorité des projets NFT, posséder le NFT ne signifie pas que vous possédez le contenu numérique correspondant qui s’affiche lorsque vous synchronisez votre portefeuille avec OpenSea. Ce contenu, en fin de compte, est détenu et conservé par le propriétaire du droit d’auteur associé à ce contenu numérique, généralement le projet NFT. »

MoonBirds a récemment changé les droits de propriété sur ses NFT?

NFT 2.0 ou NFT 3.0 ?

Des NFT à la mode Web 2

À l’origine née avec la philosophie Web 3 qui voyait une propriété entière gravée sur la blockchain, les NFT ont ainsi développé des cas d’usage. Ils sont aussi devenus de plus en plus populaires. Objet de collection, œuvre d’art, parcelle numérique, certificats sont autant d’utilisations que nous pouvons voir des jetons non fongible.

Et pourtant, avec l’intérêt progressif des géants du Web 2 pour le Web 3, la propriété d’un NFT dans toute son entièreté n’est donc pas une évidence. Elle est régie par une régulation qui menace la sphère crypto et entache les principes de créations des jetons non fongible. La rareté et l’authenticité semblent ainsi galvaudées, bafouées. Là où l’inédit devrait avoir une place entière pour l’acheteur, c’est finalement l’émetteur qui parait réellement détenir la rareté du NFT. Or, et ne l’oublions jamais, c’est la rareté qui fait la valeur de l’offre et la puissance de la demande.

Enfermés dans leur corset, les NFT ne pouvent vivre dans l’écosystème que sous condition. Ils souffrent alors du carcan du web 2. En outre, la régulation semble de plus en plus resserrer les liens. Aussi, des partenariats tels que celui de Snoop Dogg et Eminem que nous évoquions au début de cet article, et la présence de Snoop Dogg dans le métavers sont probablement encadrés par des conditions commerciales et régis par des lois issues de l’utilisation de l’Internet 2.0.

Des NFT dans les nuages

Au-delà de la technique, les différents accords sont nécessaires à l’heure actuelle pour permettre à l’écosystème de se développer. Cela rappelle les accords complexes et restrictifs des conditions d’utilisation propres au sites internet phares du web 2.

L’utilisation des métadonnées des NFT questionnent aussi. En effet, l’utilisation d’un cloud, même si indispensable avec les technologies actuelles pose des limites à une approche Web 3 des NFT. Il ne s’agit pas alors d’accabler les projets. Toutefois, les métadonnées constituant l’image de nos NFT sont stockées sur des serveurs tels que ceux d’Amazon Web service, contrairement au contrat de notre NFT qui lui est sur la blockchain.

Ainsi l’impulsion originelle, l’acte créatif et le contrat sur la blockchain sont issus des principes du web 3. Toutefois, le stockage des métadonnées dans le cloud lui est typiquement un usage web 2 des données. Les blockchains Ethereum ou encore Solana sont par exemple, au grand désarroi de certains membres de la communauté crypto, dans ce cas. Si nous schématisons, nous traitons les NFT façon web 2.

La décentralisation, colonne vertébrale des NFT

Les projets NFT s’efforcent ainsi de développer des droits autour de leur NFT. Le rapport de Galaxy Digital met d’ailleurs en avant les efforts de la collection World of Women, qui dans sa licence donne les droits de propriété à ses détenteurs. Les limites du rapport de Galaxy Digital se dessinent alors dans ce constat.

En effet, prenons un peu de recul. Au-delà du NFT en lui-même et des licences qui l’entourent, ils peuvent permettre un accès à la décentralisation. Preuve de gouvernance, preuve d’appartenance à une communauté, passe-droit pour obtenir des rendements en cryptomonnaies.. Le NFT, semble au contact de l’écosystème et surtout du metaverse prendre une autre dimension et apporter des droits participatifs.

Otherside, le métavers des singes Bored Ape propose une utilisation des NFT au sein d’un univers et d’un écosystème qui inclut une DAO. Grâce à cette gouvernance permise par la détention d’un NFT, l’avenir du projet se construit avec la communauté. The Sandbox et Decentraland eux insistent sur l’importance de la création. Ainsi, dans The Sandbox la propriété intellectuelle sur les parcelles appartient au metaverse. Toutefois, les concepteurs de NFT et de jeux gardent le droit d’auteur sur leur création.

L’arrivée des GaFam dans notre écosystème a ainsi proposé une utilisation centralisée et désuète des NFT. Toutefois, et restons réalistes, plus la décentralisation sera régulée, plus elle sera compliquée à appliquer telle qu’elle devrait l’être. Face à ces différents constats, il semble évident que les détenteurs de NFT devront se battre pour conserver leurs droits sur ce qui leur appartient. Les machines de guerre du Web 2 sous couvert de licences compliquées et pas forcément explicites, gardent une main mise sur leurs collections. Des accords d’adaptation des technologies du web 2 à celles du web 3 paraissent nécessaires. Ainsi, l’écosystème NFT pourra se développer sereinement.

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